Tikehau Capital négocie son entrée au sein du catalan MatHolding
Le fonds parisien négocie une participation minoritaire dans le catalan MatHolding, qui veut racheter l’israélien Netafim, roi mondial du goutte-à-goutte. Tikehau, lui, se cherche un actionnaire.
- Ce qu’il faut comprendre. Tikehau Capital négocie actuellement son entrée au capital de MatHolding, spécialiste barcelonais de l’irrigation agricole et de la protection des cultures. Il s’agirait d’une participation minoritaire, car la famille Matosas, aux commandes depuis 1935, n’entend pas lâcher le volant. Ni la taille du bloc ni le prix n’ont filtré, et personne ne commente. D’autres fonds rôdent autour du dossier. L’arithmétique est simple. MatHolding a signé en 2025 les meilleurs comptes de son histoire, avec 429 millions d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 6 %, et un excédent brut d’exploitation de 65 millions, en progression de 16 %. Celui-ci tournerait aujourd’hui autour de 70 millions, pour une dette limitée à 0,7 fois ce montant. Tikehau, qui a investi quelque 2 milliards d’euros en Espagne depuis 2017, dispose d’un véhicule tout trouvé, son fonds d’agriculture régénératrice de 500 millions d’euros soutenu par AXA et Unilever.
- Pourquoi c’est important. L’enjeu véritable de cette opération n’est pas MatHolding, mais sa proie. Depuis l’été, le groupe catalan étudie le rachat de Netafim, l’inventeur du goutte-à-goutte, né en 1965 dans le kibboutz de Hatzerim, en plein Néguev. Avec 4 500 salariés dans 110 pays, l’Israélien réalise près d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires, le double de son prétendant. Son propriétaire, le mexicain Orbia, qui en détient 80 % aux côtés du kibboutz cherche à s’en défaire depuis un an. Le prix réclamé, entre 1,2 et 1,4 milliard de dollars, a fait reculer le fonds israélien Fortissimo. Le milliardaire chinois Haoyu Wang, patron de Dayu, s’est ensuite avancé, avant de se heurter aux régulateurs de Washington, peu désireux de voir les usines américaines de Netafim passer sous pavillon chinois. Dans cette brèche s’engouffre Pau Relat, président de MatHolding, qui connaît le terrain pour y avoir racheté Dorot et ARI et qui fournit déjà Netafim. D’où la nécessité de disposer de l’argent frais de Tikehau.
- En coulisses. Au moment où il joue les actionnaires providentiels en Catalogne, Tikehau se cherche un protecteur. Le 20 octobre, Bloomberg révélait que la maison d’Antoine Flamarion et de Mathieu Chabran a mandaté une banque d’affaires pour ouvrir son capital à un investisseur stratégique, après des mois de discussions. Les fondateurs garderaient le contrôle, aux côtés de la MACSF et du singapourien Temasek. Le titre Tikehau a perdu plus d’un cinquième de sa valeur depuis l’introduction en Bourse de 2017. La direction a admis le 22 octobre que ses objectifs de résultat ne seraient pas tenus.