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Business / Défense / 02/11/2026

Carlos Tavares va surveiller les dépenses de l’armée portugaise

Proposé par le Parti socialiste, l’ancien patron de Stellantis devrait siéger à la commission chargée de surveiller les 5,8 milliards d’euros empruntés par Lisbonne pour réarmer le pays.

Carlos Tavares, a Paris, en octobre 2024 (photo Daniel Perron/Hans Lucas/AFP).
  • Ce qu’il faut comprendre. Un an et demi après avoir quitté Stellantis par la petite porte, Carlos Tavares retrouve une fonction officielle, et elle n’a rien à voir avec l’automobile. Le Parti socialiste portugais l’a désigné pour le représenter au sein de la Comissão de Acompanhamento dos Investimentos na Defesa, la CAID, créée le 21 mai dernier par le gouvernement de Luís Montenegro. Présidée par une personnalité indépendante nommée en Conseil des ministres, elle réunit un représentant de chacun des quatre ministères concernés et un délégué des trois premiers groupes parlementaires. Carlos Tavares y siégera donc au nom de l’opposition. L’homme n’a jamais été encarté, mais il participe depuis des mois à l’Atelier du futur, le cercle d’indépendants chargé de nourrir le prochain programme de gouvernement socialiste. Le Jornal de Negócios relève que ce pacifiste revendiqué devra se pencher sur un secteur qu’il dit abhorrer. Quant aux socialistes, qui l’avaient longtemps regardé comme le symbole du capitalisme à la française, ils en font aujourd’hui leur garant de bonne gestion.
  • Pourquoi c’est intéressant. L’enjeu est à la mesure du personnage. Le 24 septembre dernier, Lisbonne a signé avec la Commission européenne un prêt de 5,84 milliards d’euros au titre du programme SAFE, qu’il faudra rembourser jusqu’au dernier centime. L’essentiel, soit 3,9 milliards, financera trois frégates commandées à l’italien Fincantieri, préféré à l’espagnol Navantia, avec un transfert de technologie, des livraisons prévues en 2029 et 2030 et une durée de vie d’au moins trente ans. S’y ajoutent 133 millions d’euros pour l’achat de 75 véhicules tactiques Vamtac du galicien Urovesa, et une montée en puissance budgétaire qui a fait franchir au Portugal la barre des 2 % du PIB en 2025, avec l’objectif de 3,5 % en ligne de mire. Que peut apporter un ancien constructeur automobile à l’achat de navires de guerre ? Beaucoup, en vérité. Les programmes d’armement dérivent presque toujours sur les coûts et les calendriers, et Carlos Tavares a passé trente ans à traquer l’un et l’autre, à renégocier avec les fournisseurs et à transformer des usines déficitaires en machines à cash. Surtout, il a siégé cinq ans au conseil d’Airbus, où il a vu de près la mécanique des grands contrats de défense.
  • En coulisses. Depuis son départ de Stellantis, Carlos Tavares a rejoint le Portugal après un demi-siècle passé à l’étranger. Il y cultive depuis 2016 des vignes dans la vallée du Douro, quatre domaines au total, et commercialise depuis 2021 son porto sous la marque Amalho, auquel il a ajouté de l’huile d’olive. Il dit s’occuper aussi de cinq hôtels, restaurer des voitures anciennes et continuer de courir en circuit.
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