L’inconnue du Salon de l’Agriculture… >
À douze jours du Salon de l’Agriculture, l’exécutif avance avec prudence, en raison du contexte persistant de colère du monde agricole.
La prochaine édition du Salon International de l’Agriculture (SIAL) aura lieu du 21 février au 1er mars 2026, sans vache du fait de la dermatose. À l’Élysée comme à Matignon, personne ne sous-estime la charge politique de ce salon, dans un contexte de colère persistante du monde agricole et de forte défiance envers l’État. "Tout peut se passer, redoute un proche du chef de l’État, on espère que les choses se dérouleront en bonne intelligence."
Dix jours avant le début du salon, se tient ce mercredi à l’Assemblée, dans l’hémicycle, un débat, co-rapporté par Hélène Laporte (RN) et Aurélie Trouvé (LFI), suite à la pétition contre la "loi Duplomb", qui a recueilli plus de 2,1 millions de signatures. Débat sans portée législative. La veille, LFI réunit deux tables rondes de scientifiques sur l’impact de l’acétamipride sur la santé et ses alternatives.
Dans le même temps, le sénateur Laurent Duplomb (LR, Haute-Loire) a déposé ce 2 février une nouvelle proposition de loi, qui permet à nouveau des usages de l’acétamipride et du flupyradifurone, interdits en France mais pas en Europe. Mais elle les encadre davantage - dans le temps et pour les seules betteraves, pommes, noisettes et cerises - afin d’éviter le sort de sa première loi, invalidée le 7 août sur ce point par le Conseil constitutionnel. Une "tromperie du monde agricole" a dénoncé le PS, qualifiée de "charge trumpiste" par LFI.
Ce week-end, 80 organisations écologistes, paysannes ou syndicats de gauche avaient appelé à manifester en région et appellent de nouveau à faire entendre leur opposition ce 11 février à Paris. "Il faut arrêter de bourriner", a ajouté Erwan Balanant, pour le Modem. Sandrine Le Feur (EPR, Finistère), présidente de la commission du développement durable - et agricultrice bio - s’est dite opposée au retour de pesticides interdits, dans Ouest France. Au contraire, "ce texte, c’est exactement ce que j’avais proposé à l’Assemblée…", a commenté Julien Dive, député LR de l’Aisne et rapporteur de la première loi. Ces 4 articles pourraient être soumis "dans la semaine" au conseil d’État, selon le président du Sénat Gérard Larcher, en revanche, ils ne devraient finalement pas s’insérer au projet de loi d’urgence agricole annoncé par Sébastien Lecornu, ce dernier ayant déclaré dans un entretien à la presse régionale publié samedi que "si cette loi peut résoudre certains problèmes, elle en pose aussi d’autres".
De son côté, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, "fera sans doute quelques premières annonces au Salon", indiquait-on jeudi de bonne source.