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Pouvoirs / Assemblée nationale / 23/03/2026

Après les municipales, une Assemblée en partie renouvelée

La loi interdisant de cumuler un mandat exécutif local et celui de député, de nouvelles têtes vont faire leur entrée à l’Assemblée après les municipales. Qui part, qui reste : le détail.

Hémicycle de l'Assemblée nationale (photo Hans Lucas/AFP).

Sur les 577 députés, 332 étaient candidats aux municipales, dont 108 têtes de listes. Et si 17 d’entre elles ont été élus dès le premier tour - dont le non-inscrit Lionel Vuibert à Faissault (08) - de nombreux autres le sont depuis ce dimanche soir. La loi interdisant de cumuler un mandat de parlementaire avec une fonction exécutive locale, ils ont un mois pour décider de rester députés - quitte à confier la mairie au suivant sur la liste élue - ou de devenir maires et donc de démissionner de l’Assemblée, pour laisser place à leurs suppléant(e) s.

Certains ont déjà fait leurs choix : député d’Eure-et-Loir depuis 2007, Philippe Vigier (Modem) avait dit qu’élu, il choisirait la mairie de Châteaudun (Eure-et-Loir). La chose faite dès le premier tour, il doit être remplacé par son suppléant Laurent Leclercq, qui l’a déjà fait lorsqu’il fut - brièvement - ministre (des outre-mer). Cas similaire pour Paul Christophe, président du groupe Horizons élu le 15 mars, à Zuydcoote (Nord). Pierre Marle qui l’a remplacé lors de son passage au gouvernement, le fera à nouveau.

Mais, conséquence supplémentaire, les députés du groupe devront aussi élire bientôt une ou un successeur(e) à sa présidence, fonction à laquelle devrait prétendre Laurent Marcangeli (Corse-du-Sud), qui l’a déjà exercée. Situation similaire aussi pour Fabien Di Filippo (DR, Moselle), élu dimanche à Sarrebourg. À ce détail près que son suppléant Jérôme End, aussi élu maire ce 15 mars à Vic-sur-Seille, pourrait refuser de siéger, ce qui entraînerait alors une élection partielle.

Droite Républicaine. Sur les 8 députés du groupe que préside Laurent Wauquiez, à la fois candidats et têtes de liste, 6 ont été élus dès le premier tour : outre Di Filippo, Jérôme Nury, élu à Tinchebray-Bocage (Orne), sera remplacé par sa suppléante, Cendrine Foucher-Chazé. Élu à La Garenne-Colombes (92), Philippe Juvin restera au contraire député… et, surtout, rapporteur du Budget. Que feront François-Xavier Ceccoli élu à San-Giuliano (Haute-Corse), Michèle Tabarot élue au Cannet (06) ou Jean-Pierre Taite à Feurs (42) ? Réponse au plus tard le 23 avril. Guillaume Lepers, fort des 43,9 % atteints au premier tour à Villeneuve-sur-Lot (47), ou Véronique Louwagie, à 46,4 % à L’Aigle (61) face au maire sortant Serge Delavallée (DVG), peuvent aussi avoir à faire un choix.

Ensemble pour la République. Sur les dix députés candidats du groupe que préside Gabriel Attal, seul l’ancien ministre Franck Riester est réélu dès le premier tour à Coulommiers (77), et compte être remplacé à nouveau par sa suppléante, Patricia Lemoine. Peuvent aussi avoir à choisir : ses ex-collègues au gouvernement Thomas Cazenave et Antoine Armand en positions favorables à Bordeaux et Annecy, comme Stéphane Mazars à Rodez, face au maire sortant Christian Teyssèdre, ou Karl Olive en duel à Poissy (78), face à son ex-première adjointe, maire sortante. Jean Terlier était en situation plus incertaine à Castres : derrière le candidat RN arrivé en tête… cinq candidats avaient passé la barre des 10 % ! Élue dès le premier tour sur la liste de Jean-Christophe Fromentin à Neuilly-sur-Seine, Constance Le Grip était dès cette semaine à l’Assemblée. Et Ludovic Mendes éliminé à Metz, ou Violette Spillebout battue (11,1 %) à Lille, la rejoindront ces jours-ci. Comme Sylvain Maillard et Joséphine Missoffe, suppléante de Benjamin Haddad (et fille d’Ernest-Antoine Seillière, ex-patron du Medef), respectivement en 2e, 59e et 8e positions sur la liste de Rachida Dati, à Paris.

Horizons. Au sein du groupe parlementaire du parti d’Edouard Philippe, 2 des 5 députés candidats ont été élus dès le premier tour : outre Paul Christophe, Michel Criaud l’est à Muzillac (56). Mais suppléant d’Anne Le Hénanff, la ministre déléguée à l’IA et au Numérique, il compte siéger comme député du Morbihan. Si Jean Moullière était en position favorable (45,6 %) à l’issue du premier tour à Templeuve-en-Pévèle (59), en revanche Henri Alfandari, éliminé à Tours, reviendra à l’Assemblée.

Modem. Deux députés candidats ont été élus dès le premier tour : Philippe Vigier à Châteaudun (28), l’ex-suppléant de Marina Ferrari - battue par le sortant à Aix-les-Bains - Didier Padey, à Jongieux (73). Olivier Falorni, en position favorable à La Rochelle (17), affirmait il y a quelques semaines qu’il choisirait la mairie. Et, depuis, qu’il laisserait à sa suppléante Sabine Gervais son poste de rapporteur de "sa" loi sur l’aide à mourir, de retour à l’Assemblée avant juin. Ce que ses collègues co-rapporteurs pourraient discuter… Quant à l’ex-ministre Geneviève Darrieussecq, sa tentative de reprendre à son ex-adjoint Mont-de-Marsan (40), dont elle fut maire et présidente de l’"agglo", était engluée dans une quadrangulaire à haut risque.

Parti socialiste. Deux députés sont élus dès le premier tour : Julien Gokel à Cappelle-la-Grande (59) et Stéphane Hablot à Vandœuvre-lès-Nancy (54). Le premier laissera son siège de député à son suppléant Jean Bodart… qui siégera, confirme-t-il, au groupe LIOT. Le second attendra pour ce faire l’élection présidentielle (et la probable dissolution qui s’ensuivra), et confiera donc à nouveau "sa" mairie à son adjoint, Manu Donati. Élu maire de Paris, Emmanuel Grégoire pourrait laisser son siège à Dorine Bregman, rocardienne et adjointe au maire de Paris Centre. Battu par le maire sortant à Valence, Paul Christophle, comme Marietta Karamanli au Mans, restent députés.

Rassemblement national. Sur les 35 députés candidats du groupe que préside Marine Le Pen, deux ont été élus dès le premier tour, Bryan Masson à Cagnes-sur-Mer (06) et Nicolas Meizonnet à Vauvert (30). Le premier choisit la mairie et sera remplacé au palais Bourbon par son suppléant Cyril Tribuiani, le second par la sienne, Caroline Devaux. En bonnes positions avant le second tour, s’ils l’emportent au second, les députés Frank Allisio, tête de liste à Marseille, Laure Lavalette à Toulon, Joëlle Melin à Aubagne, Christophe Barthes à Carcassonne, Alexandra Masson à Menton ou Frédéric Boccaletti à Six-Fours-les-Plages, auront aussi à choisir. En revanche, Marc de Fleurian, Antoine Golliot et Julien Limongi, battus dès le premier tour à Calais, Boulogne ou Provins, Claire Marais-Beuil assurée de l’être au second à Beauvais, ou Frédéric Falcon et Maxime Amblard en mauvaises postures à Narbonne et Bar-le-Duc, seront de retour ces jours-ci à l’Assemblée.

Union des Droites pour la République. Au sein du petit groupe satellite du RN, Antoine Valentin, élu à Saint-Jeoire (74), siégera à l’Assemblée. S’il est élu à Nice, son président Éric Ciotti devrait laisser son siège à Patrick Baqué, ex-doyen de la faculté de médecine, déjà présent sur sa liste à Nice. Et le groupe UDR aura alors à élire un nouveau président, dans les jours qui viennent.

Sans aucun élu au premier tour, les député-candidats des groupes LIOT, les Écologistes, la France insoumise ou de la Gauche démocrate et républicaine pouvaient tous espérer en compter, au soir du 2e tour.

LIOT. Au sein du groupe présidé par Christophe Naegelen, Harold Huwart, fort de 46 % des voix au premier tour, en ballottage très favorable à Nogent-le-Rotrou (28), penchait plutôt pour la mairie. Le député de Guadeloupe Olivier Serva, à nouveau candidat aux Abymes (971) première ville de l’archipel, mais battu par le maire sortant Frédéric Jalton, devrait être plus souvent présent à l’Assemblée.

Écologiste et social. Sur les trois députés du groupe présidé par Cyrielle Chatelain qui étaient candidats aux municipales, Damien Girard pouvait en fin de semaine dernière l’emporter à Lorient face au maire sortant centriste Fabrice Loher. En revanche Steevy Gustave est battu dès le premier tour par le maire sortant réélu à Brétigny-sur-Orge (91) et Jean-Louis Roumégas, à Montpellier, n’a pu ni se maintenir, ni fusionner.

La France Insoumise. Sur les 20 députés candidats au sein du groupe LFI que préside Mathilde Panot, David Guiraud en passe d’être élu à Roubaix, laissera sa place à l’Assemblée à Shéhérazade Bentorki, sa suppléante. S’il est élu à Toulouse François Piquemal devrait laisser son siège à Victoria Scampa, professeur de philosophie et normalienne. S’il l’est aussi à Limoges et opte pour la mairie, Damien Maudet transmettra son siège à l’Assemblée à Jacqueline Lhomme-Léoment… à moins que tête de liste élue au premier tour à Saint-Genest-sur-Roselle, elle préfère rester maire. Auquel cas une élection partielle serait nécessaire. Que choisira Carlos Martens Bilongo s’il bat la maire sortante Djida Djallali Techtach, à Villiers-le-Bel ? Vendredi, motus. Comme pour Aly Diouara, en position de l'emporter à La Courneuve. En revanche, Sébastien Delogu, qui a retiré sa liste à Marseille, Farida Amrani, battue au premier tour par le maire sortant à Évry-Courcouronnes et Aurélien Le Coq, 60e sur la liste de Lahouaria Addouche à Lille, mais aussi probablement Sophia Chikirou, Rodrigo Arenas et Danièle Obono, bien qu’élus à Paris, resteront députés.

Gauche Démocrate et Républicaine (GDR). Le plus en vue des députés candidats du groupe GDR que préside Stéphane Peu, Jean-Paul Lecoq était en position difficile en triangulaire face à Edouard Philippe au Havre. En revanche Frédéric Maillot, député de la Réunion arrivé en tête et rallié par un candidat arrivé en quatrième position, pouvait l’emporter dans une quadrangulaire à Sainte-Suzanne (974). Au contraire, Yannick Monnet avait peu de chances de l’emporter à Moulins (03). Comme l’autre élue de la Réunion et vice-présidente du groupe Emeline K’Bidi, en position difficile face au maire sortant et ex-député David Lorion, à Saint-Pierre (974).

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