Emmanuel Macron et Friedrich Merz veulent durcir la défense commerciale européenne
Emmanuel Macron retrouvera ses homologues jeudi et vendredi à Bruxelles pour un Conseil européen où la compétitivité doit occuper une place centrale.
Ce qu’il faut savoir. La semaine dernière, le 5 octobre, Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont adressé à Ursula von der Leyen une proposition commune pour renforcer les moyens de défense commerciale de l’Union. Cette initiative est la prolongation des discussions du Conseil européen de juin puis celles du Conseil des ministres franco-allemand du 17 juillet, lorsque Paris et Berlin avaient demandé à la Commission de renforcer les instruments de défense commerciale.
L’info à retenir. Emmanuel Macron et Friedrich Merz veulent permettre à Bruxelles de réagir plus vite lorsqu’un pays subventionne massivement ses entreprises, pratique le dumping ou crée une dépendance européenne sur des produits stratégiques. Leur proposition prévoit notamment que la Commission puisse limiter l’accès au marché européen en représailles.
En coulisses. La Chine n’est pas nommée dans la proposition, mais elle est au cœur des préoccupations qui l’ont inspirée. La signature allemande est surtout révélatrice : en 2024, Berlin avait voté contre les droits de douane supplémentaires décidés par l’Union sur les voitures électriques produites en Chine, par crainte notamment de représailles contre son industrie automobile. Deux ans plus tard, l’Allemagne accepte de donner davantage de latitude à la Commission pour répondre aux pratiques commerciales jugées déloyales.
Entre les lignes. Une première bataille se jouera demain à Luxembourg, lorsque les ministres des Affaires européennes examineront le projet de conclusions du sommet. L’enjeu pour Paris sera d’y faire entrer suffisamment clairement la demande franco-allemande. Emmanuel Macron arrivera ensuite à Bruxelles avec Berlin à ses côtés sur un sujet qu’il pousse depuis plusieurs années. Reste à transformer cet accord franco-allemand en accord européen.