La presse d'information générale vent debout contre La Poste >
Le courrier du Groupe La Poste, reçu le 1er décembre dernier par les éditeurs de presse quotidienne et hebdomadaire, a fait l'effet d'un coup de tonnerre. Il annonçait en effet une augmentation de 7 % des tarifs postaux dès janvier 2026, en contradiction avec le protocole Presse Poste. Signé fin 2023 et applicable depuis début 2024, ce texte prévoit ainsi que la hausse annuelle ne dépasse pas le taux d'inflation, soit environ 2 %. En échange de cette assurance de stabilité pendant quatre ans, les tarifs avantageux alloués aux titres d'information politique et générale avaient été revus à la hausse d'environ 60 %. Pour justifier l'augmentation de 2026, Yves Xémard, directeur des business units Courrier et Presse, met en avant un déficit plus important que prévu de l'activité de distribution de journaux. Selon La Poste, il est dû, notamment, aux difficultés de massification des tournées. La Poste est en effet contrainte de mettre en place une distribution quotidienne spécifique pour les journaux, le courrier « classique » n'étant plus au contraire distribué qu'un jour sur deux. Reste que la diminution des quantités imprimées (5 % environ par an) devrait réduire en partie le surcoût annoncé par La Poste. Actuellement en discussions avec les services de Matignon et de Bercy, l'Alliance de la presse d'information politique et général (Apig) espère obtenir un infléchissement de la position de l'État, bailleur de fonds de La Poste. Elle met en avant dans ce cadre la situation financière de la presse, dont le modèle économique est toujours plus fragilisé.