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Business / Droit boursier / 08/12/2025

Nicolas Seydoux conteste la décision de l'AMF l'obligeant à lancer une OPR sur la totalité des actions Gaumont…

C'est un cas de figure assez exceptionnel en droit boursier. Dans sa séance du 10 octobre dernier, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a enjoint le groupe familial de Nicolas Seydoux de procéder au dépôt d'un projet d'offre publique de retrait visant les actions Gaumont dans un délai de six mois. Le gendarme boursier n'a pas pris cette décision spontanément. C'est parce qu'elle a été saisie d'une demande allant dans ce sens, formulée par quatre sociétés de gestion : HMG (dont les fonds détiennent 2,4 % du capital) ; Gay-Lussac Gestion (1,2 % du capital), le GIE Greenstock (1,2 % du capital) et la société luxembourgeoise Axxion (0,9 % du capital). À elles quatre, ces sociétés de gestion d'actifs réunissent donc environ 5,7 % du capital. De son côté, la famille de Nicolas Seydoux détient 89,79 % du capital à travers la holding Ciné Par. Cette participation a été nettement renforcée en 2017 à la suite d'une offre publique de rachat et d'une annulation d'actions. Le groupe familial qui détenait en juillet 2017 64,59 % a vu sa part dans le capital de Gaumont monter à 88,63 % (grâce notamment au rachat des titres détenus par Bolloré et par la famille Dassault). Aujourd'hui, il revendique 94,42 % des droits de vote. Et même si Nicolas Seydoux, âgé de 86 ans, et frère cadet de Jérôme Seydoux (actionnaire majoritaire de Pathé) a confié la direction générale de Gaumont à sa seconde fille Sidonie (ex-épouse du promoteur immobilier Laurent Dumas, patron d'Emerige), il reste président du conseil d'administration. Avec 65 à 70 titres échangés chaque jour en moyenne au cours de l'année 2024, le titre Gaumont ne procure pas de liquidité à ses actionnaires et notamment aux quatre gestionnaires d'actifs qui ont sollicité l'AMF sur les fondements de l'article 236-1. Même si l'AMF n'a donné raison, dans sa décision publiée le 14 octobre dernier, qu'à la société Axxion, elle est contestée par Nicolas Seydoux et par Gaumont qui ont demandé à Patrick Dziewolski, associé au sein du cabinet Bredin-Prat de contester cette décision devant la Cour d'appel.

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