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Business / Télécoms / 27/10/2025

L'écart n'est pas si grand entre la valorisation de SFR par les trois opérateurs et celle qu'espère Drahi en fonction des synergies attendues

Selon plusieurs des banquiers d'affaires impliqués dans le processus de vente ou de rachat de SFR à Altice France, « la poutre travaille » depuis que les actionnaires de ce groupe ont fermé la porte à une offre de rachat valorisant l'opérateur à 17 milliards d'euros. C'est la raison pour laquelle Orange, Bouygues Telecom et Iliad ont annoncé maintenir leur offre sur la table. En fait, depuis une dizaine de jours, il y a de très nombreux échanges téléphoniques entre Laurence Hainault pour Orange, Grégoire Chertok et Guillaume Vignéras pour Bouygues Telecom et Gilles Tré-Hardy pour Iliad, d'une part, et Vincent Le Stradic ainsi que Thierry Varène pour Altice France, de l'autre.

Deux sujets sont regardés de très près par ces financiers de haut vol. D'une part, la valorisation exacte des autres actifs d'Altice France (50 % XpFibre estimés à 2 milliards d'euros et dont Ardian rêve, 65 % de Intelcia et différentes installations techniques évalués à 1 milliard d'euros, les actifs ultramarins à 500 millions d'euros et 30 % des data centers UltraEdge comptabilisés pour 300 millions). Selon certains banquiers la somme de ces actifs périphériques pourrait valoir près de 5 milliards d'euros et non 4 comme indiqué dans le communi­qué initial. Ce n'est pas un point de détail. Puisque nos confrères de L'Informé ont révélé un document qui montre qu'à partir d'une valorisation totale d'Altice France de 23,6 milliards d'euros Patrick Drahi peut décider seul de vendre sans même avoir besoin de l'ac­cord des créanciers. Or si les actifs non essentiels valent 5 milliards d'euros et non pas 4, cela signifie que la valeur théorique de SFR peut dès lors s'établir non loin de 18,6 milliards d'euros, soit simplement 10 % au-dessus de la première proposition formulée le 14 octobre.

Si l'on se réfère à toutes les transactions intervenues dans le sec­teur des télécoms au cours des dix dernières années, elles se sont traduites par une réduction des coûts de 15 % et une baisse de 20 % des investissements de la société cible. Le montant théo­rique des synergies pourrait donc atteindre 9 milliards d'euros sur SFR. Sans compter les effets sur les prix des forfaits. Les vendeurs (Patrick Drahi à hauteur de 55 % et d'anciens créanciers à hauteur de 45 % dont BlackRock, Pimco, ou Fidelity) n'ignorent rien de cela. D'où leur souhait éventuel que ce gain futur leur revienne en par­tie. Mais quelle partie ? Ceux qui n'ont pas trop intérêt à ce que les négociations s'éternisent, ce sont les créanciers. D'abord parce que, comme l'indique Stéphane Beyazian, analyste chez Oddo BHF, « les résultats de SFR sont sous pression et, sans inversion de tendance en vue, la valorisation sera encore plus faible en 2027 qu'aujourd'hui ». Ensuite parce que pour Bouygues, Iliad et Orange, la découpe en morceaux de SFR est un « nice to have » et non un « must have ». C'est la raison pour laquelle, Patrick Drahi aurait fait savoir aux trois acquéreurs de SFR qu'il était prêt à un accord rapide à la condition que le prix de cession de la filiale d'Altis avoisine 21 milliards d'euros et que l'opération puisse être bouclée au premier trimestre 2027, donc juste avant les élections présidentielles françaises.

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