Ce qu’il y aura dans le plan stratégique d’Antonio Filosa, patron de Stellantis >
C’est ce jeudi 21 mai qu’Antonio Filosa, le directeur général de Stellantis, présente aux investisseurs le plan stratégique qui doit porter le redressement du groupe. En voici les grandes lignes.
- Les principaux points du plan. Près d’un an après sa nomination à la direction générale de Stellantis, en remplacement de Carlos Tavares, Antonio Filosa doit présenter jeudi prochain à la presse et aux investisseurs son plan stratégique pour le troisième constructeur automobile mondial. Cette intervention ne sera faite ni des Pays-Bas, où se trouve le siège social de Stellantis, ni d’Italie où se trouve son principal actionnaire, ni de France, mais depuis son siège administratif d’Auburn Hills, non loin de Detroit dans le Michigan.
Selon les informations de La Lettre de L’Expansion, obtenues auprès de cadres de Stellantis, l’un des principaux points compris dans le plan stratégique concerne les marques prioritaires parmi la quinzaine de marques que comprend le groupe. Antonio Filosa devrait annoncer qu’il concentrera la majorité de ses futurs investissements sur ses quatre marques mondiales les plus rentables, Peugeot, Fiat, Jeep et RAM (véhicules utilitaires et pick-ups). Les marques "dites secondaires", comme Citroën, Opel, Alfa Romeo ou Dodge ne disparaîtront pas, mais devront développer leurs futurs modèles sur des technologies et motorisations amorties par les quatre piliers majeurs du groupe. Quant aux marques à plus faibles volumes, comme DS, Lancia ou Maserati, elles seront repositionnées sur des zones spécifiques ou des marchés nationaux. - Et l’outil industriel ? Alors que que plus de la moitié des usines européennes de Stellantis fonctionnent à moins de 50 % de leur capacité ; dont celles de Mulhouse et de Poissy en raison d’un renouvellement insuffisant des gammes, d’une absence cruelle sur le "full-hybrid" et d’un manque d’attractivité des modèles électriques, Stellantis envisage de multiplier ses coopérations avec les chinois. Actionnaire très minoritaire (1,5% du capital du groupe), Dongfeng envisage d’utiliser certaines installations industrielles de Stellantis (l’usine de Rennes, celle de Villaverde en Espagne ou de Cassino en Italie). Une perspective qui lui permettrait de prendre pied en Europe et d’alléger les menaces qui pèsent sur un outil industriel sous-utilisé. Les 11 et 12 avril derniers, une délégation du constructeur chinois avait visité le site du groupe à Rennes.
- Un bashing à contretemps. Alors que Carlos Tavares entendait accélérer dans le domaine des véhicules électriques, son successeur, comme John Elkann, le président de Stellantis n’ont pas arrêté de faire du "EV-Bashing" depuis un an, et ont remis le thermique à l’honneur. Un mouvement à contretemps, au moment où le baril de pétrole dépasse les cent dollars et où les ménages se précipitent vers les modèles tout-électrique.