Un gouvernement déjà sous pression >
Alors que le gouvernement de Keir Starmer est arrivé au pouvoir en juillet 2024 avec une large majorité parlementaire, il se trouve déjà dans une position inconfortable. La dégradation rapide de la situation économique et la montée du Reform UK de Nigel Farage dans les sondages obligent les travaillistes à se réinventer. Nigel Farage, l'architecte du Brexit, tient une ligne toujours plus dure face à l'immigration et propose des coupes budgétaires drastiques. Les sondages donnent à son parti entre 28 et 31 % des intentions de vote pour 2029, profitant de la faiblesse du Parti conservateur et du vote ouvrier historiquement travailliste, ainsi que des divisions internes au Labour.
Le gouvernement doit justifier les hausses d'impôts nécessaires au redressement budgétaire sans s'aliéner les classes moyennes pressurées par vingt ans de stagnation salariale. Sa stratégie consiste à imputer la responsabilité de la crise aux 14 années de gestion conservatrice et au Brexit mal négocié, tout en promettant des investissements massifs dans le NHS et les services publics. Mais un an après son arrivée au pouvoir, les files d'attente au NHS ne diminuent pas, l'inflation reste élevée, et la croissance demeure anémique. Si la situation ne s'améliore pas d'ici 2027, les travaillistes risquent de subir le même sort que les conservateurs en 2024, vulnérables face à la promesse simpliste de Nigel Farage d'un Royaume-Uni « vraiment souverain ».