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Pouvoirs / Défense en Europe / 29/09/2025

Tensions entre Dassault et Airbus autour du futur avion de chasse

I nterrogé il y a quelques jours par la revue Le Grand Continent sur la possibilité d'une nouvelle dette commune permettant de franchir une étape pour renforcer l'intégration de la défense européenne, François Villeroy de Galhau a répondu : « Si nous voulons un financement eu­ropéen, il faut qu'il y ait en face une offre européenne plus intégrée. Et sans doute nouvelle, car c'est l'une des limites actuelles : il y a plus de défense en Europe, mais pas encore plus d'Europe de la défense. » Force est de constater qu'Éric Trappier, le patron de Dassault Aviation déploie tous ses efforts afin de faire échouer la coopération européenne autour d'un futur avion de combat. Lancé en 2017 par la France et l'Alle­magne, puis rejoint par l'Espagne, le Future Combat Air System – connu sous son acronyme français SCAF – est en panne en raison de profonds différends sur la question de savoir qui dirigera chaque élément.

Dassault avait initialement été choisi comme maître d'œuvre du nouvel avion de combat et la branche allemande d'Airbus avait pris la tête du développement du cloud de combat et des drones qui l'ac­compagnent. Mais l'arrivée de la filiale espagnole d'Airbus a modifié l'équilibre, Airbus parlant désormais au nom de Berlin et de Madrid, et réticent à accorder des concessions à Dassault. L'avionneur français exige de pouvoir choisir ses propres sous-traitants. L'Allemagne et l'Es­pagne sont exaspérées par l'entêtement de Dassault pour être autonome dans son rôle de leader industriel. Il y a quelques jours le chancelier allemand Friedrich Merz s'est montré conciliant, en déclarant que l'Allemagne et l'Espagne voulaient « essayer de parvenir à une solution d'ici fin 2025 ». Une réunion des ministres de la Défense des trois pays est prévue en octobre quand la France aura enfin un nouveau locataire à l'hôtel de Brienne.

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