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Business / Technique boursière / 22/09/2025

Un stand-still banal qui a pourtant enrayé le plan d'attaque de Carrefour

L'avocat Jean-Pierre Martel, associé du cabinet Orrick-Rambaud-Martel explique, dans une attestation faite le 8 septembre dernier, comment il est intervenu dans ce projet de rapprochement entre Carrefour et Casino. « J'ai été appelé par Monsieur Jean-Charles Naouri au début de la semaine du 17 septembre 2018. Il m'a informé de sa rencontre récente avec Monsieur Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, qui avait été initiée par Monsieur Alain Minc… (Il) m'a dit qu'il venait d'être invité à se revoir dans la même formation dès le 20 septembre 2018 à 13 heures pour avancer dans ces discussions de rapprochement. » Quelques lignes plus loin il explique avoir expliqué au patron de Casino « qu'il ne pouvait pas être question de commencer à échanger des informations avec Carrefour sans qu'un très sérieux accord de confidentialité renforcé et réciproque ait été préalablement conclu entre les deux groupes ». Cet accord est une obligation du droit boursier. Et la confidentialité a pour corollaire l'interdiction pour chacune des parties d'opérer de quelque manière que ce soit (stand-still) sur les titres de celle-ci aussi longtemps que les discussions seront en cours et que les informations échangées n'auront pas cessé d'être privilégiées. Le projet de NDA est donc rédigé par Jean-Pierre Martel et aussitôt transmis à Benjamin Kanovitch, avocat de Carrefour. Interrogé par la Brigade financière, Alexandre Bompard a déclaré : « Je n'ai pas vu l'accord de confidentialité. Mais les équipes avaient le sentiment qu'il était inusuel et excessivement large. » C'est parce que Carrefour a refusé de s'engager à ne pas acquérir de titres Casino que les discussions ont tourné court. C'est ce moment qui a transformé une démarche amicale en projet éventuellement hostile, obligeant Casino à réunir son conseil d'administration. L'e-mail du samedi 22 septembre envoyé par Matthieu Pigasse à Andrea Bozzi, Vincent Thillaud et Guillaume Mallen témoigne de ce changement de ton : « J'ai eu A (Alexandre Bompard ?). Il voudrait passer à une phase plus agressive car il a le sentiment de se faire balader. Il faut faire un document court présentant les différentes options possibles… : entrée d'un activiste, achat de titres par nous, en haut ou en bas, offre « seul » ; offre avec un tiers financier ou stratégique… ». De son côté, Jean-Pierre Martel explique qu'à partir du refus du stand-still « la menace d'une OPA hostile à court terme était très crédible » amenant les trois avocats de Casino à recommander la réunion en urgence d'un conseil d'administration avec communication au marché.

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