Ardian fait le forcing sur les aéroports européens >
En l'espace de quelques jours, Ardian Infrastructure que dirige Mathias Burghardt est devenu l'actionnaire de référence de l'aéroport d'Heathrow en portant de 22,6 à 32,6 % sa participation dans la société holding de l'aéroport de Londres et a acquis la participation de la division Infrastructure de Goldman Sachs Alternatives dans Aviation Facilities Company Management (AFCO), un acteur spécialisé dans l'investissement, le développement, la gestion et l'exploitation des infrastructures aéroportuaires aux États-Unis. Goldman Sachs Alternatives en était propriétaire depuis 2018.
Cette transaction va permettre à Ardian d'étendre ses participations dans des actifs stratégiques d'infrastructures basés aux États-Unis et de compléter son portefeuille. Mais ce n'est pas tout. Le fonds de private equity semble faire le forcing afin d'acquérir l'opérateur aéroportuaire Save que les fonds Infravia et DWS (actionnaires ensemble à hauteur de 88 %) ont décidé de vendre, à condition de trouver un bon prix.
Save contrôle les aéroports de Venise, Brescia et Vérone en Italie et détient une participation significative au capital de l'aéroport de Charleroi en Belgique. Save est donc devenu le troisième plus grand hub de transport aérien en Italie, selon les informations communiquées. La société a été retirée de la cote fin 2017 par la société italienne Milione SpA détenue à hauteur de 12 % par Enrico Marchi, le patron de Save. De l'autre côté des Alpes, on explique que c'est ce dernier qui pousse à un accord avec Ardian. Mais Infravia et DWS ne veulent pas céder à n'importe quel prix. Or il y a huit ans le « delisting » de Save s'était fait sur la base de près de quinze fois l'Ebitda de l'époque. Ce qui donnerait aujourd'hui une valeur de 1,75 milliard d'euros. Selon nos informations, si Ardian, ou d'autres acquéreurs, ne font pas un effort sur le prix, les actionnaires céderont Save à un fonds de continuation.