La famille Bouygues investit dans l'énergie hydroélectrique >
C e n'est un secret pour personne, Martin Bouygues a toujours marqué son intérêt pour les questions énergétiques. Lorsque le groupe éponyme était l'actionnaire de référence d'Alstom, il avait regardé le dossier Areva avant de s'en éloigner, compte tenu de la situation financière désastreuse de cette société laissée par Anne Lauvergeon. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts. Les titres Alstom ont été cédés. Mais la holding familiale détenue par Martin et Olivier Bouygues, la Société civile Delabordère Madrid, qui détient 27,50 % du capital de Bouygues (29,4 % des droits de vote) n'en poursuit pas moins ses investissements dans le domaine énergétique. D'une part, avec la société ivoirienne Seci, qui détient des participations de 24 % dans plusieurs puits de gaz au large d'Abidjan, dont l'un a été valorisé il y a un an à hauteur de 250 millions de dollars. D'autre part, avec la société Heling ENR, nouveau nom donné à CVE Hydro acquise en juillet 2023 auprès du groupe marseillais CVE. Cette entreprise contrôle deux sociétés : Hestia, qui détient le barrage de Chisonnet dans la Loire, et Egerva, qui possède le barrage d'Alet sur l'Aude. Plus récemment, Heling ENR a acquis auprès de la firme poitevine Hydro-cop l'établissement hydroélectrique Besse, qui exploite la centrale de Larréginie sur la Cère, dans le sud de la Corrèze.
Enfin, l'entreprise dirigée par Yann Le Saux vient de faire l'acquisition, auprès de la société cotée Artea, de deux de ses filiales : Énergie Hydro 16 et la Société d'électricité de Morez du Jura. Ce qui lui permet de mettre la main sur trois barrages supplémentaires : ceux du Moulin du Pont et de Marvit, en Dordogne, et celui de Tancua, dans le Jura. Un investissement judicieux compte tenu de la mise en demeure adressée par Bruxelles à la France sur le renouvellement des concessions hydroélectriques.