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Business / Banques d'affaires / 08/07/2024

Les banquiers d'affaires londoniens font sauter le plafond de leur bonus

La banque Morgan Stanley a annoncé, il y a quelques jours, qu'elle s'apprêtait à supprimer le plafond instauré, il y a une dizaine d'années, par l'Union européenne sur les bonus de ses principaux banquiers basés à Londres. Elle rejoint ainsi un mouvement entamé il y a deux mois par Goldman Sachs et JP Morgan. Les dirigeants londoniens de Morgan Stanley ont indiqué qu'ils allaient remplacer les limites actuelles de ces bonus au Royaume-Uni par « un plafond interne approprié ». Rien n'est modifié, en revanche, pour les banquiers de Morgan Stanley situés dans le reste de l'Union européenne. Comme c'est le cas, par exemple, pour le bureau parisien de la banque américaine, que dirigeEmmanuel Goldstein. Les meilleurs banquiers de Goldman Sachs au Royaume-Uni pourront désormais gagner jusqu'à 25 fois leur salaire annuel. Ceux de JP Morgan pourront bénéficier d'un bonus représentant dix fois leur salaire annuel.

Depuis le Brexit, les banquiers britanniques se battaient pour s'affranchir des règles imposées en 2014 par l'Union européenne afin de limiter certains excès qui ont pu mener à la crise financière de 2008. Au mois d'octobre dernier, les régulateurs financiers britanniques ont annoncé qu'ils supprimeraient l'obligation pour les banques de plafonner la rémunération variable à 100 % du salaire de base pour les « material-risk-takers », ou jusqu'à 200 % avec l'approbation des actionnaires. Ce qui a conduit les actionnaires de HSBC et de Barclays à approuver, au mois de mai dernier, des propositions visant à fixer de nouveaux plafonds de bonus à l'occasion des assemblées générales annuelles. Les banques doivent encore prendre d'autres mesures pour garantir que leurs politiques de rémunération ne récompensent pas la prise de risque, en s'accordant notamment avec le code de rémunération de la Financial Conduct Authority.

Il reste que les banquiers d'investissement londoniens devraient engranger des bonus bien plus importants cette année, alors que la City commence à se remettre d'une baisse de deux ans des transactions. Les perspectives pour 2024 s'améliorent après un premier trimestre prometteur et il y a des signes de dégel de l'activité des marchés financiers après une glaciation de deux années. Cela se traduira probablement par des bonus plus importants pour les banquiers d'investissement des bureaux londoniens des sociétés de premier plan, notamment JP Morgan, Goldman Sachs et Deutsche Bank, récompensant ceux qui ont réussi à conserver leur emploi et à attendre près de deux ans de baisse des paiements. L'an passé, le salaire moyen a chuté pour la plupart des postes de banque d'investissement dans huit des principales banques d'investissement. Alors que les analystes les moins bien payés ont empoché des bonus d'une valeur moyenne de 44 267 livres en 2023, les primes versées aux associés de niveau intermédiaire ont chuté de près d'un cinquième pour atteindre 80 065 livres en moyenne, faisant baisser leur rémunération totale de 8,3 % à 213 940 livres. Dans le même temps, certains vice-présidents ont vu leurs primes réduites de 22 %, à 135 183 livres, réduisant ainsi leur salaire moyen total de 11,8 %, à 303 204 livres.

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