Les chantiers de François Morinière >
L'actuel PDG du groupe bourguignon Labruyère (vins, accessoires œnologiques, hôtellerie, etc.) sera le prochain président du directoire de Bayard. Il prendra son poste début novembre prochain. Phénomène rare au sein du groupe de médias catholiques, le président du directoire, Pascal Ruffenach, n'ira pas jusqu'au bout de son mandat, prévu en juin 2025. Selon une source interne, ce cadre historique de Bayard, où il a effectué la majeure partie de sa carrière, serait victime d'un phénomène d'usure, après un premier mandat démarré en 2017. De fait, l'ensemble détenu par la congrégation religieuse des Augustins de l'Assomption est à la peine. Bayard, qui était bénéficiaire de 7,5 millions d'euros en 2021-2022, a été tout juste à l'équilibre l'année suivante. L'exercice 2023-2024, annoncé courant juin, devrait être lui déficitaire de façon significative selon la même source. Les recettes des deux pôles majeurs du groupe, les médias pour adultes (La Croix, Le Pèlerin, Notre temps, etc.) et pour la jeunesse (Okapi, Phosphore, etc.), sont très majoritairement issues des abonnements (80 %) qui, s'ils restent conséquents, s'érodent. La publicité est au contraire marginale dans le chiffre d'affaires de Bayard. Faute de compensation digitale suffisante sur les abonnements, Bayard devrait donc voir ses recettes totales stagner à 340 millions d'euros cette année. Le chantier de François Morinière, qui a dirigé le groupe L'Équipe de 2008 à 2014, consistera donc, d'une part, à poursuivre les économies, à l'instar du prochain déménagement de Montrouge à Malakoff, prévu en décembre. Le futur dirigeant, qui connaît bien Bayard en tant que membre du conseil de surveillance, devra, d'autre part, assurer au groupe fondé en 1873 une transition numérique réussie, comme Le Figaro et Le Monde notamment.