Et si la BCE avait joué un rôle ? >
L e différentiel de croissance entre les trois plus grosses économies de la zone euro pourrait aussi s'expliquer par l'évolution des condi-tions de financement. Elles n'étaient peut-être pas à armes égales pour absorber la hausse de 450 points de base des taux d'intérêt directeurs de la Banque centrale européenne. C'est ce que suggère une étude dont la Bundesbank s'est fait l'écho. Menée par Martin Mandler et Michael Scharnagl, économistes au sein de la Banque centrale allemande, elle met en évidence que, face à une augmentation des taux d'intérêt directeurs, l'activité économique italienne est significativement moins affectée que celles de la France et de l'Allemagne. L'économie ultra-rhénane serait la plus pénalisée par une politique monétaire davantage restrictive et, à l'inverse, elle apparaît également comme celle qui bénéficierait le plus d'une diminution des taux d'intérêt. Les deux économistes n'écartent pas l'idée que ce soit lié au fait que la part de l'industrie manufacturière (intensité capitalistique élevée) soit relativement plus importante en Allemagne, en outre, la concurrence y est plus forte dans le secteur bancaire. Par ailleurs, les exportations pèsent davantage dans son PIB, « ce qui pourrait renforcer le canal du taux de change ».