Les restructurations d'Orpea et Casino ont généré 300 millions d'euros de commissions >
Si l'année a été creuse pour les activités de fusions et acquisitions des grandes banques d'affaires parisiennes, les activités de « restructuring » ont beaucoup travaillé. Principalement sur deux dossiers : Orpea et Casino. Les deux groupes cumulaient un endettement de 17 milliards d'euros. Dans ces opérations où il s'agit de renégocier le passif bancaire et obligataire d'une entreprise, la règle qui prévaut est que le débiteur paye tous les frais de restructuration, qu'ils émanent des banques ou des avocats. Selon nos informations recueillies au sein des deux sociétés concernées mais aussi de certains de leurs conseils, le coût de la restructuration financière d'Orpea a été limité à 85 millions d'euros alors que celui de Casino a dépassé les 210 millions d'euros. Soit au total 300 millions d'euros. Ce qui peut paraître excessif, mais ne représente que 1,76 % du passif concerné, alors que la pratique fait ressortir des taux de commissionnement moyen compris entre 2 et 3 %
Le grand bénéficiaire de ces deux dossiers est Rothschild & Co qui était à la fois conseil d'Orpea, avec Vincent Danjoux comme banquier-conseil (camarade de promotion à l'X de Laurent Guillot, le patron du groupe de maisons de retraite), et de Casino, avec Grégoire Chertok (banquier-conseil historique de Jean-Charles Naouri, par ailleurs proche du groupe de Daniel Kretínský) et Arnaud Joubert. La prestigieuse banque d'affaires a gagné sur tous les tableaux. À la fois en conseillant la restructuration du passif, mais aussi en étant mandatée sur la cession d'éléments d'actifs tels que les hypermarchés de Casino. Sur l'ensemble de ce dossier, les fees encaissées par Rothschild (et facturées sur plusieurs exercices) pourraient approcher les 20 millions d'euros. Si Orpea et Casino ont dû acquitter aussi les honoraires d'avocats et de conseil bancaire de leurs créanciers, les deux groupes reconnaissent que les mandataires de justice n'ont pas été les plus voraces (Hélène Bourbouloux chez l'un et Marc Sénéchal chez l'autre). Autre grand gagnant : White & Case, avec comme avocats associés Saam Golshani et Diane Lamarche, qui a travaillé à la fois pour le compte d'Orpea – avec les nombreux recours – et pour celui de Daniel Kretínský. l