La rentrée sera chaude >
La motion de défiance contre Laurent Guimier, directeur de l'information de France Télévisions, initié le 23 juin et qui sera mise au vote le 30, constitue le dernier avatar d'un climat de plus en plus délétère au sein de l'audiovisuel public. Le journaliste, à qui il est reproché d'avoir préféré un chroniqueur de l'émission C à vous plutôt qu'un journaliste de la rédaction de France Télévisions pour couvrir le dernier voyage d'Emmanuel Macron en Ukraine, risque ainsi de faire les frais d'une situation sociale qui s'envenime depuis début 2022 au sein des télévisions et radios publiques. La fusion des sites Internet de France Bleu et de France 3 sous la bannière Ici, qui doit en principe être effective courant juillet, avait déjà provoqué au printemps l'hostilité d'une partie des rédactions des deux médias de proximité. La fin programmée à court terme de la redevance de l'audiovisuel public et le rapport sénatorial adopté le 8 juin ont mis définitivement le feu aux poudres. Les deux sénateurs LR Roger Karoutchi et Jean-Raymond Hugonet préconisent ainsi la fusion des médias publics dans une entité commune afin de gagner en agilité et de générer de substantielles économies. Un projet de rapprochement fustigé par les syndicats mais aussi par la PDG du groupe Radio France Sibyle Veil. Dans ce contexte explosif, l'appel à la grève le 28 juin dans l'audiovisuel public risque donc d'être très suivi.