Altice France continuera-t-il à financer Libération ? >
Intégré depuis octobre 2020 au sein du Fonds de dotation pour une presse indépendante, mis sur pied par son éditeur et propriétaire précédent, Altice Media, le quotidien Libération devra trouver à court ou moyen terme de nouveaux financements. Patrick Drahi, PDG d'Altice Media, avait injecté à l'époque environ 17 millions d'euros pour combler les pertes récurrentes du journal. Avec plus de 7 millions de déficit en 2020 et 2021, l'enveloppe de départ sera dépensée fin 2022, assure-t-on en interne. Dans ce contexte difficile, Denis Olivennes, directeur général de Libération, n'aura probablement pas d'autres solutions que de solliciter à nouveau son bailleur de fonds. Or, il n'est pas assuré de parvenir à ses fins, selon le même observateur. Le business plan de départ prévoyait un retour à l'équilibre de Libération à l'horizon 20232024. Un objectif incertain, compte tenu de la baisse structurelle des investissements publicitaires vers la presse écrite. Restent les abonnements numériques, domaine dans lequel Libération a progressé de 45 % en 2021 (50 000 exemplaires). Cette hausse a permis au titre d'afficher une diffusion totale en hausse de 18 % (91 000 exemplaires). Un argument en faveur d'une rallonge d'Altice France, dont deux représentants, Arthur Dreyfuss et Laurent Halimi, siègent au conseil d'administration du Fonds de dotation propriétaire.