… malgré un coup tordu judiciaire >
Pour répondre aux demandes du personnel de La Provence, mais aussi des créanciers, il suffisait d'ouvrir les enveloppes dans lesquelles sont contenues les offres des deux acheteurs en lice : la société NJJ de Xavier Niel, déjà actionnaire de Nice-Matin, et le groupe CMA-CGM, dirigé par Rodolphe Saadé. Ces offres sont déposées dans un coffre depuis le 30 novembre dernier et ont été formulées – à la demande du mandataire ad hoc – sur la base de deux critères. D'une part, le prix de rachat du journal marseillais (y compris la créance due à un actionnaire). D'autre part, le projet industriel et social. Or il est de notoriété publique que sur ce dernier point CMA-CGM est le mieux-disant, puisqu'il veut maintenir la totalité des emplois, garder La Provence et son imprimerie à Marseille, et investir massivement dans le numérique de manière à diversifier les recettes du quotidien marseillais.
Bizarrement, deux jours après que NJJ a vu disparaître le droit d'agrément (voir ci-dessus), le nouveau coliquidateur, Marc Sénéchal, a demandé aux acheteurs de remettre de nouvelles offres en modifiant les règles du jeu en plein milieu de la partie. Désormais, il n'est plus demandé qu'un prix de rachat, sans qu'il soit fait mention des conditions de reprises sur le plan social ou industriel. Ce « coup tordu » est incompréhensible, dans la mesure où il fait fi de l'emploi. On ignore si c'est le Parquet qui l'a demandé ou bien les enfants de Bernard Tapie.