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Business / Finance / 12/10/2026

La note de bas de page qui révèle les comptes semestriels de Rothschild

Depuis sa sortie de la bourse en 2023, Rothschild & Co ne publie plus de résultats semestriels. Une note de bas de page de son rapport prudentiel donne pourtant des indications précieuses.

Alexandre de Rothschild (photo D.R.).
  • Ce qu’il faut comprendre. Depuis son retrait de la cote, en octobre 2023, Rothschild & Co ne publie plus de résultats semestriels. La banque d’affaires présidée par Alexandre de Rothschild reste pourtant soumise au "Pillar 3", le troisième pilier des accords de Bâle. Les deux premiers fixent le capital minimal des banques et le contrôle exercé par le superviseur. Le troisième impose la transparence, pour que les créanciers et les déposants puissent évaluer la solidité d’un établissement. Le rapport complet paraît une fois l’an. À mi-année, un tableau d’une page suffit. Celui du 30 juin a été mis en ligne le 2 octobre. On y lit que les fonds propres durs (le CET1 du jargon bancaire) atteignent 2,77 milliards d’euros contre 2,60 milliards un an plus tôt. Ce matelas représente 22,3 % des actifs pondérés par les risques, c’est-à-dire des engagements de la banque comptés selon leur dangerosité. Ce ratio n’était que de 21,3 % en juin 2025. Pour mémoire, le régulateur en exige 12,3 %.
  • Pourquoi cette note de bas de page est importante. L’essentiel, à nos yeux, se niche dans la première note de bas de page. Elle précise que ces ratios ignorent le bénéfice du semestre, qui ne rejoindra les fonds propres qu’au 30 septembre, sous réserve de l’aval de l’ACPR, le gendarme des banques. Elle ajoute que le ratio aurait atteint 23,1 % si ce bénéfice avait été compté, net du dividende prévisible. Or en 2025, selon son rapport Pillar 3 annuel, Rothschild & Co a conservé 188 millions sur 413 millions de résultat net part du groupe, le reste étant promis au dividende et aux autres charges prévisibles. Si l’on se fie à ce rythme de distribution, le résultat du semestre devrait se trouver, selon nos calculs d’apothicaire, dans une fourchette comprise entre 200 et 220 millions d’euros. Soit exactement la moitié du millésime 2025 (413 millions d’euros versus 440 un an plus tôt). Ce qui permet de penser qu’au cours des six premiers mois de l’année, la banque d’affaires a enregistré la même rentabilité que l’an dernier.
  • Entre les lignes. Rappelons que, selon LSEG, Rothschild & Co a conseillé, au cours du premier semestre 163 opérations. La banque a épaulé McCormick dans son mariage à 66 milliards de dollars avec les activités alimentaires d’Unilever et Bouygues Telecom dans le rachat à trois de SFR, valorisé 20,35 milliards d’euros. Surtout parmi les fusions-acquisitions de 2026 que la banque affiche en vitrine, seule l’acquisition de UK Power Networks par Engie, valorisée 18 milliards d’euros, a été bouclée avant le 30 juin dernier.
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