UE : Londres, partenaire ou concurrent ? (Brussels Institute for Geopolitics)
Dans une tribune pour le Brussels Institute for Geopolitics, Anand Menon relève les contradictions du discours d’Ursula von der Leyen envers les pays tiers, Royaume-Uni en tête.
- Le constat. Pour son sixième discours sur l’état de l’Union, la présidente de la Commission a décrit une UE paradoxale, à la fois plus forte et plus fragile que jamais. Car ses ambitions butent sur les États membres : Ursula von der Leyen a reconnu l’échec à réunir une majorité sur les mesures visant Israël proposées l’an dernier. Quant à la relation avec Londres, elle n’a guère été évoquée : le "reset" ne figure pas parmi les priorités européennes.
- Ce que montre la tribune. Bruxelles s’ouvre aux pays tiers, et notamment le Royaume-Uni, sur la sécurité, mais se ferme en matière d’économie. Ainsi, Londres a été invité aux discussions sur un futur Conseil de sécurité européen, mais il a été de fait écarté du programme SAFE, et le "Made in Europe" frappera ses exportateurs. Le statut de "membre associé" envisagé pour le Canada a été lancé sans l’aval des grandes capitales. Allié en matière de défense, le Royaume-Uni reste un concurrent économique. Le titre de la tribune d’Anand Menon, "Quid est Europa ?", souligne qu’avant de se demander où va l’Europe, encore faut-il savoir ce qu’elle est.