Maïs : le choc de l’adhésion de l’Ukraine (AGPM)
Dans une étude prospective, les producteurs français de maïs présentent les effets de la déstabilisation que ferait peser, selon eux, une adhésion de l’Ukraine à l’UE à l’horizon 2030.
- Le constat. Dans une étude prospective, l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) rappelle l’asymétrie entre le modèle européen et le modèle ukrainien. En vingt ans, l’UE a perdu un million d’hectares de maïs et importe désormais une tonne consommée sur quatre. Dans le même temps, les importations européennes de semences de maïs ukrainiennes ont été multipliées par 72 en cinq ans, pour un coût deux fois moins élevé. Elle recourt par ailleurs à des agro-holdings atteignant 530 000 hectares, contre 30 pour l’exploitation céréalière moyenne européenne, et près de la moitié des 114 substances autorisées sur le maïs en Ukraine, sont interdites dans l’UE.
- Pourquoi c’est important. En cas d’intégration dans le marché européen en 2030, la production ukrainienne grimperait à 39 millions de tonnes, soit une hausse équivalente à toute la production française. Le manque à gagner pour les agriculteurs et éleveurs français représenterait 663 millions d’euros de chiffre d’affaires. Face à cette menace, l’association demande de conditionner les concessions commerciales à une stricte réciprocité des normes, des mesures de sauvegarde d’urgence sur les semences et une rénovation des droits de douane sur le maïs grain.