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Coffee Talk / Stéphanie de Boüard-Rivoal / 31/07/2026

Stéphanie de Boüard-Rivoal :
"J’ai beaucoup aimé Yellowstone, une série qui raconte le combat d’une famille pour préserver le ranch de ses ancêtres. Cela fait écho à des problématiques qui ne me sont pas tout à fait étrangères…"

Stéphanie de Boüard-Rivoal dirige Château Angelus, l’une des propriétés au sommet de la hiérarchie des grands crus bordelais. La gestion du domaine occupe - presque - tout son esprit, alors qu’elle se prépare à inaugurer un nouveau chai, dans un contexte de tensions géopolitiques et familiales.

Stéphanie de Boüard-Rivoal, qui dirige Château Angelus (photo D.R.).

Comment vous informez-vous au quotidien ?
En lisant la presse écrite, en écoutant la radio et en discutant avec mes proches de l’actualité.

Quelles sont vos lectures du matin ?
À part mes courriels, je m’informe dans le Figaro, le Point et Challenges.

Quelle est l’information qui pourrait, en ce moment, vous mettre de bonne humeur ?
Apprendre que des accords ont permis de mettre un terme aux guerres qui se déroulent en Ukraine et au Moyen-Orient. Les progrès de la science, et de la médecine en particulier, sont également des sources régulières d’enthousiasme.

Regardez-vous votre téléphone dès que vous vous levez ?
Hélas, oui.

Redoutez-vous d’y lire ou d’y voir quelque chose ?
Je ne le redoute pas, mais chaque jour apporte son lot d’épreuves et de contrariétés. Plus ou moins intenses, plus ou moins nourries. Heureusement, cela est contrebalancé par des nouvelles réjouissantes. Je m’efforce de mettre les choses en perspectives, en me concentrant sur ce qu’il y a de positif.

Et est-ce que vous y jetez un coup d’œil avant de vous coucher ?
Hélas, oui…

Si vous avez 15 minutes à perdre, que consultez-vous sur votre téléphone ?
J’aimerais avoir 15 minutes à perdre. Dans une autre vie, peut-être ?

Consultez-vous régulièrement les réseaux sociaux ?
Je consulte régulièrement X, parce que tout s’y trouve justement. La difficulté est de trier le bon grain de l’ivraie au sein de cette masse d’informations sans équivalent. Je consulte également Instagram, mais plutôt à titre professionnel, puisque c’est le réseau social sur lequel le domaine est le plus actif. Et LinkedIn, pour entretenir le lien avec mes réseaux professionnels.

Quel est le dernier contenu que vous avez "liké" ?
Un message de soutien du Pape Léon XIV au peuple libanais, qui se conclut par un appel au cessez-le-feu et à la recherche de solutions pacifiques.

Y a-t-il des réseaux sociaux sur lesquels vous vous interdisez d’aller ?
Pas vraiment, mais je dois reconnaître que je suis très peu active sur les réseaux sociaux, faute de temps le plus souvent.

Quelle est la meilleure appli pour vous joindre ?
WhatsApp.

Avez-vous un émoji favori ?
Pouce levé et mains jointes, surtout quand je m’adresse à des proches. Mais j’avoue ne pas être adepte de la communication par l’image.

Avez-vous de vrais moments de déconnexion ?
Bien sûr, c’est rare mais absolument vital. Par exemple, cet été nous partons en vacances dans une réserve faunique du Québec avec mon mari et nos enfants. Nous serons à plus d’une heure de voiture du premier village, au bord d’un lac vierge de toute autre présence humaine, sans réseau téléphonique, sans internet, sans écrans de télévision ou d’ordinateur. Déconnexion absolue, et ô combien régénérante. Je connais aussi des moments de déconnexion totale lorsque je monte mon cheval, le plus souvent dans nos vignes.

Les mails sont pour vous un outil, une nécessité, un stress ?
Tout cela à la fois.

Combien en recevez-vous par jour ? Et combien vous sont utiles ?
Entre 150 et 200, parmi lesquels environ 20 % sont d’une importance réelle et nécessitent d’être traités dans des délais très brefs.

À quel(s) moment(s) ouvrez-vous un livre ?
En me mettant au lit la plupart du temps, une fois mes derniers e-mails traités. En avion, parfois. En vacances, toujours.

Quelle est la dernière lecture qui vous a touchée ? Fait réfléchir ? Appris quelque chose ?
Joséphine d’Yquem de Christel de Lassus, qu’a eu la gentillesse de m’offrir Lorenzo Pasquini (dirigeant d’Yquem), lors d’un récent déjeuner à Sauternes. Le sujet y occupe un rôle central mais a été pourtant assez largement ignoré dans l’histoire de cet auguste domaine viticole. Éclipsé, en quelque sorte, par l’histoire. La vie de Joséphine de Sauvage montre ce que l’amour et la détermination peuvent accomplir de prodigieux, à une époque à laquelle être une femme ajoutait à l’âpreté de l’existence. Sa vie a été une suite presque ininterrompue de vicissitudes et d’adversité, ce qui n’en rend ses accomplissements que plus admirables. Elle m’a rappelé celle de mon arrière-grand-mère, Élisabeth Bouchet, à la mémoire de laquelle nous avons créé il y a quelques années une cuvée très spéciale.

Quel est LE livre que vous aimez offrir à un ami ?
Celui de mon beau-frère, Axel de Queylar, Ce que le vin dit de vous.

Et quel est celui qu’on vous a offert et qui vous a marqué ?
Le Maître et Marguerite, de Boulgakov. Un conte onirique qui réinterprète Faust, et se double d’une critique politique aussi pertinente que courageuse puisque l’écrivain habitait alors en URSS.

Y a-t-il un auteur qui vous inspire ?
Parmi les auteurs contemporains, j’ai une tendresse particulière pour Eric-Emmanuel Schmitt, qui est plein d’humanité et qui explore les recoins des esprits et de l’âme avec lucidité et drôlerie.

Quelle est la série qui vous a récemment marquée ? Pouvez-vous nous en faire le pitch ?
J’ai beaucoup aimé la série Yellowstone, qui raconte le combat d’une famille pour préserver le ranch créé par ses ancêtres quelque 150 ans plus tôt et devenu l’objet de féroces convoitises. Les paysages sont somptueux, les acteurs remarquables, la cavalière que je suis vibre en regardant les longues chevauchées en pleine nature, et le thème central fait écho à des problématiques qui ne me sont pas tout à fait étrangères.

Quelle série pouvez-vous nous recommander ?
Si je devais en recommander une autre, ce serait le magistral "Bureau des Légendes". Un véritable chef-d’œuvre avec des Intrigues qui tiennent le spectateur en haleine, des personnages et acteurs formidables de justesse, un rythme enlevé, des sous-jacents politico-diplomatiques et une grande authenticité.

Avez-vous un film culte ? Une réplique culte ?
"Le dîner de cons" et la réplique dans le film sur le prénom de Juste Leblanc :- Il s’appelle Juste Leblanc., - Ah bon, il n’a pas de prénom ?, - Je viens de vous le dire Juste Leblanc, - Votre prénom c’est François, c’est juste ? Eh bien lui, c’est pareil, c’est Juste."

Quel film pouvez-vous voir et revoir avec à chaque fois le même plaisir ?
Celui-ci, justement, mais aussi : "Le Prénom", "Les Visiteurs" et deux ou trois autres dont je ne me lasserai jamais, comme "La vie est un long fleuve tranquille" ou "Le bonheur est dans le pré".

Si une actrice devait jouer votre rôle, vous aimeriez que ça soit qui ?
Aucun nom ne me vient à l’esprit, mais j’imagine que j’aimerais une actrice qui me ressemble un peu et qui puisse comprendre ce qui m’anime pour le restituer de manière convaincante.

Si un auteur ou une autrice devait raconter votre vie, vous aimeriez que ça soit qui ?
Ce serait Marguerite Yourcenar.

Écoutez-vous des podcasts ? Lesquels ?
J’en écoute de temps à autre, mais c’est assez rare. Le dernier en date est celui de Marie-Estelle Dupont traitant de la jalousie, que j’ai trouvé absolument passionnant.

Quels sont les derniers spectacles vivants que vous avez vus et qui vous ont fait vibrer ?
Les Indes Galantes de Rameau, dirigé par William Christie. Mais ça remonte à quelques années.

Quelle serait l’affiche de votre concert idéal ?
Sofiane Pamart, un des plus talentueux pianistes de notre époque, doublé d’un homme profondément sympathique pour lequel j’ai beaucoup d’estime et d’amitié.

Quel chanteur ou groupe regrettez-vous de ne jamais avoir vu sur scène ?
Les Beatles

Quel air pourriez-vous entonner sur le chemin du travail ?
Sans doute l’une ou l’autre des chansons que je chante régulièrement à mes enfants. Ou bien un air agréable d’une playlist écoutée en voiture ou à la maison. La dernière en date était "Les corons" de Pierre Bachelet, que je fredonnais encore ce matin car mes aînés s’en sont entichés ont voulu l’écouter à 5 ou 6 reprises le week-end dernier.

Est-ce qu’il y a un conseil qu’on vous a donné quand vous débutiez et qui vous est toujours utile aujourd’hui ? Ou que vous avez fini par comprendre avec le temps ?
Ne pas précipiter les choses. "Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage" selon l’excellent adage de Jean de La Fontaine.

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