Quantique : l’Europe a inventé la théorie, elle risque de rater la pratique (CEPS)
L’UE a investi 2 milliards d’euros dans le quantique depuis 2012 et ses membres en promettent 9 de plus. Le CEPS avertit : sans changement de cap, cet argent financera de science, pas une industrie.
- Le constat. Le CEPS publie un bref état des lieux du quantique européen. Le paradoxe est frappant : l’Europe, berceau de la mécanique quantique, dispose d’une recherche de premier plan mais peine à la transformer en industrie. Pendant ce temps, IonQ, en pointe dans le développement de l’ordinateur quantique, atteint 20 milliards de dollars de capitalisation aux États-Unis, et Nvidia investit dans les trois principaux systèmes de bits quantiques, pour une valorisation combinée de plus de 17 milliards de dollars.
- Pourquoi c’est important. Le CEPS émet des recommandations claires : anticiper le caractère transversal de l’informatique quantique, concentrer les budgets sur des pôles d’excellence, fusionner les budgets de l’UE et des États membres tout en combinant capitaux publics et privés. Surtout, ne pas reproduire l’erreur de l’IA : investir dans la recherche tout en laissant l’industrie, le véritable nerf de la guerre, se construire ailleurs. Car le vrai risque n’est pas de manquer la révolution quantique, c’est de la financer sans en récolter les fruits.