Frontières : l'Alsace, laboratoire discret de l'Europe du quotidien (Fondation Robert Schuman)
Dans un Schuman Paper, le sénateur du Bas-Rhin Claude Kern décrit une Europe qui ne se décrète pas mais qui se pratique dans la vie de tous les jours, du train régional au lit d'hôpital.
- Le constat. Vice-président de la commission des affaires européennes du Sénat, ancien maire de Gries, Claude Kern, alsacien et européen, déroule dans une note de la Fondation Robert Schuman, un inventaire très concret de l’Europe du quotidien : l’EuroAirport Bâle-Mulhouse, où la France a fourni les terrains et la Suisse a construit les pistes ; le Conseil rhénan, l’assemblée politique du territoire ; le Pass Jeune Grand Est Grenzenlos, qui ouvre l’été aux jeunes, pour 29 € par mois, les réseaux régionaux du Grand Est, de trois Länder limitrophes et de la Suisse de manière illimitée ; la gestion de la crise covid enfin, quand les réanimations alsaciennes saturées furent soulagées par les hôpitaux allemands et suisses.
- Pourquoi c'est important. Tout en mettant en avant les initiatives positives, Claude Kern pointe une fragilité : le bilinguisme recule, faute d'enseignants, tandis que l'anglais progresse sur les deux rives. Son espoir tient au règlement BRIDGEforEU, adopté en 2025, expérimenté actuellement par la France, qui permettra de rendre la coopération transfrontalière plus fluide et plus efficace dans de nombreux domaines, de l'accès aux soins à l’organisation d'événements culturels ou sportifs. Avec son exemple alsacien, Claude Kern brosse le portrait d’une Europe concrète, qui se construit et se vit au quotidien.