ChatGPT, nouveau "guichetier" de la SNCF ? >
La SNCF annonce un test en permettant la recherche de billets de train en "langage naturel" via ChatGPT. Une expérimentation limitée, mais qui pose déjà des questions.
- Ce que l’on sait. La SNCF, que préside Jean Castex, a annoncé avoir lancé son application SNCF Connect sur ChatGPT, afin de tester de nouvelles façons d’interagir avec son service. En clair, les voyageurs vont pouvoir organiser leurs futurs déplacements en dialoguant directement dans ChatGPT et en exposant leur demande "en langage naturel", comme ils le feraient face à un agent physique au guichet d’une gare. Ils pourront ainsi donner leur destination, leurs contraintes horaires, leurs éventuelles réductions et tous les détails utiles à l’organisation du voyage. Ou simplement demander quel est le mode de transport le moins cher ou le plus direct pour aller d’un endroit à un autre. Si une proposition les intéresse, l’achat des billets se fera ensuite via l’application SNCF Connect.
- Pourquoi c’est important. La SNCF n’est pas la première entreprise à tester ainsi un partenariat avec ChatGPT. BlaBlaCar propose déjà la recherche de trajet en "langage naturel" via ChatGPT, tout comme Leboncoin, Accor, Starbucks ou Sephora, pour la recommandation de produits ou services. Mais la SNCF est un acteur de poids, c’est l’une des plateformes les plus utilisées en France, avec 20 millions d’utilisateurs, 1,65 milliard de visites en 2025 et 233 millions de billets vendus.
- Entre les lignes. Si la solution peut séduire les particuliers, dans les grands groupes les directions informatiques se montrent a minima prudentes face au traitement des données de déplacement des collaborateurs, qui se ferait ainsi pour partie via les serveurs de ChatGPT. Des spécialistes du secteur estiment ainsi qu’une requête de trajet formulée dans ChatGPT constitue une donnée de déplacement nominative, transitant par les serveurs d’OpenAI, société américaine derrière ChatGPT. Pour l’instant, la SNCF présente cette première comme "une expérimentation", qui vise "à tester les usages, mesurer l’intérêt de ce type d’interface et mieux comprendre la place de ces outils dans la préparation des voyages, avant d’envisager d’éventuelles évolutions".