La bonne affaire du groupe Aéroports de Paris en Inde >
ADP, a accepté de vendre 7,3 % de sa filiale indienne pour un montant de 924 millions d’euros qui témoigne d’une multiplication par cinq de la valeur de GMR Airports en l’espace de cinq ans.
- L’information à connaître. Le groupe Aéroports de Paris, dont l’État est l’actionnaire majoritaire a accepté il y a quelques jours de vendre jusqu’à 7,3 % de la société indienne GMR Airports à la famille qui l’avait créée, dans le cadre d’un accord pouvant atteindre 924 millions d’euros. Cette opération se fera en deux étapes. ADP vendra 3,4 % de ses actions pour 256 millions d’euros et disposera d’une option de vente lui permettant de céder 3,9 % supplémentaires, pour environ 285 millions d’euros. Le milliardaire indien Grandhi Mallikarjuna Rao a également accepté d’acheter des obligations convertibles d’une valeur nominale de 301 millions d’euros, plus les intérêts courus à la date de la transaction, qui devrait être finalisée d’ici le 31 mars 2027. Rappelons que c’est Augustin de Romanet qui avait eu le flair d’acquérir en 2020 une participation de 49 % dans GMR Airports pour environ 1,3 milliard d’euros, s’assurant ainsi un rôle de gouvernance important et une présence sur les marchés en forte croissance d’Asie du Sud et du Sud-Est. À la suite de la fusion intervenue en 2024 entre GMR Infrastructure et GMR Airports en une seule entité cotée, ADP a scindé sa participation en actions ordinaires et actions préférentielles, détenant ainsi 32,3 % du capital social et 45,7 % des parts économiques.
- Pourquoi c’est important. D’abord parce que cette opération montre qu’un groupe public peut être géré comme une entreprise privée. En faisant de la croissance externe à bon escient. Puis en arbitrant certains de ses actifs après avoir contribué à créer de la valeur, puisque GMR a vu sa valorisation multipliée par cinq depuis l’opération de 2020. Si bien que cette participation dans l’opérateur indien d’aéroports représente aujourd’hui près de la moitié de la valeur du groupe ADP. Ensuite parce que la vente de cette participation va permettre au groupe public de réduire sa dette à un moment où les taux d’intérêt sont orientés à la hausse. Enfin parce que les actionnaires d’ADP devraient recevoir après la finalisation de l’opération un premier dividende exceptionnel de 0,80 euro par action, puis un second d’un montant d’un euro par action après la levée de l’option. Ce qui devrait se traduire par l’encaissement d’un chèque de plus de 90 millions d’euros par Bercy qui en a bien besoin en cette période de disette budgétaire.
- En coulisses. C’est Citigroup qui a conseillé le groupe Aéroports de Paris dans la structuration de cette cession. S & R Associates et Hogan Lovells ont agi en tant que conseillers juridiques et Urban Strategic en tant que conseiller stratégique.