Les rémunérations fantaisistes et outrancières de l’ex-patronne de Solvay >
Ilham Kadri, qui a quitté la direction générale du chimiste belge Syensqo (une partie de l’ex-Solvay) a reçu un peu plus de 40 millions d’euros pour sa dernière année en dépit d’un recul de l’Ebitda.
- Le chèque de trop. Deux ans seulement après la création de Syensqo – à la suite d’un spin-off du groupe belge Solvay – Ilham Kadri qui en était la directrice générale après avoir été installée à la tête du chimiste belge par Jean-Pierre Clamadieu, a décidé de partir de son propre chef. Sans avoir réussi à démontrer que cette opération était créatrice de valeur. La société Syensqo vaut deux fois moins qu’au moment de sa création, ce qui se traduit par 5 milliards d’euros de destruction de valeur. Après avoir reçu fin 2023 un bonus exceptionnel de 12 millions d’euros pour avoir mis en œuvre cette opération désastreuse, elle a tiré sa révérence. Ce qui lui a permis d’encaisser une prime de départ de 13 millions en plus d’une rémunération de 7,5 millions d’euros. À cela se sont ajoutés un chèque de 4,4 millions d’euros pour contrepartie d’une obligation de non-concurrence pendant douze mois, une prime de rétention de 3,5 millions négociée pour l’année 2025, et une autre, de 4 millions, pour l’année 2026… qu’elle touchera malgré tout.
- Pourquoi c’est outrancier et vulgaire. Entre l’année de la scission, 2023, et celle de son départ de Syensqo, 2026, Ilham Kadri aura perçu un total de 71,5 millions d’euros de la part de son employeur. Un montant hors norme, même comparé à ce que pouvait recevoir un Carlos Tavares pour un groupe de taille moyenne qui a contre-performé. Et tout cela au sein d’un capitalisme belge qui est plutôt raisonnable en comparaison de certains excès constatés récemment en France (chez Axa ou Air Liquide).
Il faut dire que la présidente du conseil d’administration semble avoir un peu manqué de discernement, louant d’année en année dans les rapports annuels, le charisme d’Ilham Khadri. Rosemary Thorne, a encore salué dans en introduction du dernier rapport la contribution exceptionnelle de l’ex-directrice générale tout en souhaitant que son successeur, Mike Radossich renforce la rigueur d’exécution et la création de valeur à long terme. Et d’ajouter que le Conseil d’Administration s’engage à soutenir la direction tout en exerçant sa responsabilité en matière de bonne gouvernance… Ça promet ! - Entre les lignes. Le groupe, qui a aussi changé de présidente, entend remettre à zéro les compteurs de sa politique de rémunération. Mike Radossich aura une rémunération liée à la performance "nettement inférieure à celle de sa prédécesseure", prévoyant "une indemnité de départ limitée à un an de rémunération".