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Coffee Talk / Jean-Charles Samuelian-Werve / 10/04/2026

Jean-Charles Samuelian-Werve :
"Je reste à la pointe de l’information sur les sujets d’intelligence artificielle, de technologie et de santé, qui me permettent de suivre, jour après jour, mes écosystèmes."

Jean-Charles Samuelian-Werve vient de souffler les dix bougies de l’assureur santé en ligne Alan, qu’il a cofondé avec Charles Gorintin, au musée du Quai Branly, en présence de Kylian Mbappé. Il partage un moment hors ligne avec nous sur ses sources d’information et sa vie numérique.

Jean-Charles Samuelian-Werve, cofondateur de l’assureur santé en ligne Alan (photo D.R).

Comment vous informez-vous au quotidien ?
Je lis très peu les nouvelles. Mais je m’informe à partir de newsletters spécialisées sur les sujets d’intelligence artificielle, de technologie et de santé, qui me permettent de suivre jour après jour mes écosystèmes.

Quelles sont vos lectures du matin ?
Je ne lis pas le matin. Je ne programme aucune réunion jusqu’à 11 heures, pour me concentrer sur mon travail profond et les sujets prioritaires les plus stratégiques.

Quelle est l’information qui pourrait, en ce moment, vous mettre de bonne humeur ?
L’arrêt du conflit au Moyen-Orient.

Consultez-vous votre téléphone au saut du lit ?
J’essaie de ne pas regarder mon téléphone dès que je me lève, mais plutôt d’observer la nature, et d’habituer mes yeux à l’extérieur.

Redoutez-vous d’y lire ou d’y voir quelque chose ?
Je ne suis pas très stressé par ce que je vais y apprendre. Tout problème est toujours une opportunité.

Et est-ce que vous y jetez un coup d’œil avant de vous coucher ?
Je m’impose une discipline assez forte, dont celle d’arrêter de regarder mon téléphone plusieurs heures avant de me coucher et de recevoir tout ce que j’ai envie de lire sur ma tablette ReMarkable. J’essaie plutôt de lire un livre tous les soirs sur ma tablette ou sur un support physique.

Si vous avez 15 minutes à perdre, que consultez-vous sur votre téléphone ?
Je vais plutôt regarder mes messages WhatsApp, car je n’ai pas de notifications. Je vais donc voir toutes les quelques heures si des gens m’ont écrit. Sinon, je lis les messages internes de mes équipes qui sont synchronisés sur ma tablette.

Consultez-vous régulièrement les réseaux sociaux ? Lesquels et pourquoi ?
Je ne suis sur aucun réseau social à part LinkedIn, où j’essaie de poster de manière quotidienne, mais que je ne lis pas trop. Et j’ai X (ex-Twitter), que j’ouvre une fois tous les trois jours. En revanche, je ne suis ni sur Facebook, ni sur Instagram qui sont plus ludiques et qui ne m’apprennent rien de concret.

Quel est le dernier contenu que vous avez “liké” ?
Récemment, j’ai "liké" beaucoup de contenus postés par les "Alaners", les salariés d’Alan. Ils ont tous été très fiers des dernières annonces que nous avons portées collectivement : notre partenariat stratégique avec Kylian Mbappé ainsi que toutes nos annonces "produits" autour de l’intelligence artificielle et sur la prévention personnalisée dans la santé.

Écrivez-vous vos posts vous-même ou quelqu’un s’en charge-t-il pour vous ?
Comme on a une culture de l’écrit qui est très forte, je repackage du contenu interne avec l’assistance d’un agent IA que j’ai créé pour l’occasion.

Quelle est la meilleure appli pour vous envoyer un message ?
En interne, le meilleur outil est Slack, sur des messages publics. En externe, c’est sûrement WhatsApp. Mais je lis aussi mes mails.

Avez-vous un émoji préféré ?
L’émoji de remerciement.

Avez-vous de vrais moments de déconnexion ?
Oui, le soir quand je lis un livre. Mais je vis et je respire Alan. Et bien entendu, mes enfants qui sont une source de joie infinie sont un très bon moyen pour vraiment déconnecter.

Les mails sont pour vous un outil, une nécessité, un stress ?
Ils sont un outil, mais pas le meilleur et nous l’évitons chez Alan où nous communiquons via des discussions sur des outils internes, comme la plateforme de développement collaboratif GitHub et sur Slack. Et le petit agent IA que je me suis créé convertit tous mes courriels en PDF deux fois par jour et les met sur ma tablette ReMarkable pour que je puisse les lire sans être dérangé.

Quelle est la dernière lecture qui vous a touché ? Fait réfléchir ? Appris quelque chose ?
Je viens de finir l’histoire de Gérard Mulliez par Margaux Mulliez. C’est une aventure entrepreneuriale fascinante, et qui montre que, comme d’habitude, tout commence petit.

Quel est le livre que vous aimez offrir à vos amis ?
J’adore offrir L’Exil et le Royaume d’Albert Camus, qui est un recueil de six nouvelles magnifiques sur la quête de sens du personnage central.

Quel est celui qu’on vous a offert et qui vous a marqué ?
Une personne de mon équipe m’a offert Napoléon ou la destinée de Jean-Marie Rouart. J’ai éprouvé beaucoup de plaisir à lire la vie de Napoléon sous l’angle du destin et de la prise de risque. Fascinant.

Y a-t-il un auteur qui vous inspire ?
J’adore les livres de Walter Isaacson, parce qu’il écrit magnifiquement les biographies. J’adore aussi tous les livres d’Isaac Asimov parce qu’il pense extraordinairement le futur et que cela aide à prendre beaucoup de recul sur les réflexions systémiques.

Quelle est la série qui vous a récemment marquée ? Pouvez-vous nous en faire le pitch ?
Malheureusement, je regarde très peu de séries. Il y a un documentaire peu connu que j’ai beaucoup aimé sur l’histoire de General Magic, la start-up qui a inventé le smartphone à la fin des années quatre-vingt, vingt ans avant qu’Apple sorte l’iPhone. C’est captivant si vous souhaitez savoir comment créer des technologies.

Avez-vous un film ou une réplique culte ?
J’ai quelques films culte, mais je pense que le film qui m’a défini, en tant qu’adolescent, c’est Matrix, parce qu’on y challenge les normes du système, en choisissant de prendre la pilule rouge - et non la bleue - pour échapper à la réalité fabriquée par la "Matrice".

Quel film pouvez-vous voir et revoir avec à chaque fois le même plaisir ?
Récemment, je suis tombé amoureux de l’esthétique visuelle des nouveaux films de la trilogie Dune de Denis Villeneuve.

Avez-vous un "plaisir coupable" en matière culturelle ?
Je suis passionné par tout ce qui a trait à la culture japonaise, donc j’aime beaucoup lire des mangas.

Si un auteur ou une autrice devait raconter votre vie, vous aimeriez que ça soit qui ?
Honnêtement, j’aimerais plutôt travailler énormément pour avoir un talent d’écriture comme Churchill, qui a beaucoup publié pendant sa vie, et me dire "est-ce que je suis capable d’écrire quelque chose d’intéressant ?"

Écoutez-vous des podcasts ? Lesquels ?
J’écoute très peu de podcasts. En revanche, je dévore les retranscriptions de podcasts parce que ça m’aide à retenir et à prendre des notes. Parmi ceux que j’apprécie, il y a celui de Ben Thompson, l’analyste américain et fondateur la newsletter Stratechery diffusé sur "Acquired", sur l’actualité de la tech et des médias, "Cheeky Pint", le podcast du cofondateur de Stripe, John Collison, qui interviewe des fondateurs, bâtisseurs et dirigeants autour d’une pinte de bière. J’ai aussi pris plaisir à écouter certains entretiens très choisis du présentateur russo-américain Lex Fridman sur l’IA, la science et la technologie, certains épisodes du médecin américain Peter Attia sur la santé et sur la médecine, ou le podcast de Colossus qui distille des conseils d’investissement et livre les secrets de certaines réussites entrepreneuriales.

Allez-vous régulièrement au théâtre, au cinéma ou à l’Opéra ?
Je sors beaucoup moins depuis que j’ai trois enfants en bas âge. Mais ça reviendra.

Quels sont les derniers spectacles vivants qui vous ont fait vibrer ?
Ça remonte à très longtemps. Mais celui qui m’a le plus ému c’est le spectacle Décadance d’Ohad Naharin à l’Opéra Garnier, un spectacle de danse complètement extraordinaire. Un de mes amis qui y était allé m’avait suggéré de convaincre ma femme de porter des couleurs vives. Elle avait enfilé un pull rouge. Pendant le spectacle, ils l’ont invité à monter sur scène avec quelques spectateurs. Tous sont ensuite redescendus les uns après les autres. Pour finir, ma femme est devenue le personnage principal de cette mise en scène et est restée seule en scène. C’était incroyable de la voir debout dans ce lieu iconique de notre patrimoine national.

Quelle serait l’affiche de votre concert idéal ?
Un très bon set de musique électronique de la pianiste Mira ou du musicien Viken Arman. Ce sont sûrement les sons qui me transportent le plus.

Quel chanteur ou groupe regrettez-vous de ne jamais avoir vu sur scène ?
Sûrement un concert des Beatles.

Quel air pourriez-vous chantonner sur le chemin du travail ?
Je dirais If You Want To Sing Out, Sing out de Cat Stevens, tiré du film Harold and Maude de Hal Ashby.

Est-ce qu’il y a un conseil qu’on vous a donné quand vous débutiez et qui vous est toujours utile aujourd’hui ?
Celui d’essayer d’imaginer à quel point réussir peut être "grand", un accomplissement. Je veux dire par là qu’il faut avoir de l’ambition, ne pas de se poser de limites, apprendre à voir dans chaque problème une opportunité et ne pas craindre de relever les défis par la face Nord.

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