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Le Lab / Numérique / 07/04/2026

Data centers et usines, le nerf de la guerre de l’IA (FEDEA)

Derrière les promesses de l’IA, l’étude de FEDEA rappelle la réalité éminemment matérialiste d’une bataille de capacités techniques, d’infrastructures et d’investissements.

Baie de brassage dans un centre de données (photo Taylor Vick/Unsplash).
  • Le constat. L’intelligence artificielle n’est plus une innovation de niche, elle est comparable par son potentiel à l’électrification ou à la numérisation. C’est le constat du think tank espagnol Fundación de Estudios de Economía Aplicada (Fedea), qui publie une vaste étude abordant les aspects économiques, de concurrence et de réglementation de l’IA. Si cette technologie devenue "infrastructure à usage général" peut doper la productivité, elle repose sur une base très matérielle (centres de données, puces spécialisées, énergie, financement), conditions qui structurent la hiérarchie entre puissances. Le document souligne le retard européen face aux États-Unis sur les capacités de data centers, faute de profondeur suffisante des marchés financiers.
  • L’intérêt de l’étude. Première leçon : les gains de productivité promis par l’IA existent : jusqu’à 1,5 % de gains de productivité du travail par an, selon une étude Goldman Sachs, voire + 100 % de PIB en dix ans dans le scénario de base de Korinek et Suh. Mais cette promesse d’abondance par l’IA se heurte en Europe à une diffusion encore partielle et inégale, avec un grand écart entre les entreprises danoises (42,03 %) et roumaines (5,21 %). Avec 18,16 %, les entreprises françaises se placent en deçà de la moyenne européenne (19,95 %). Deuxième leçon : la concurrence peut à la fois s’ouvrir et se refermer. L’IA abaisse certaines barrières à l’entrée, mais les économies d’échelle, les effets de réseau, l’accès aux données et l’intégration verticale favorisent aussi des logiques de concentration.
  • Pourquoi c’est important. Pour FEDEA, le défi stratégique européen n’est pas seulement de produire quelques champions (comme le français Mistral AI, cité dans l’étude), mais de diffuser l’IA dans tout le tissu productif. Autrement dit, la bataille se gagnera avec des infrastructures, du capital, de la formation et une adoption massive par les PME. L’étude a le mérite de rappeler une vérité simple : dans la guerre de l’IA, la question est autant "Quelle invention ?" que "Combien de divisions ?".
Cette semaine, dans la rubrique Le Lab