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Le Lab / Énergie / 07/04/2026

Face à une crise énergétique préoccupante, longue et inégalitaire, la solution de l’électrique (Institut Montaigne)

Essence, gaz, chauffage : selon une étude de l’Institut Montaigne, l’urgence énergétique révèle d’importantes disparités territoriales, et la nécessité d’une transition vers l’électrique.
 

Prix des carburants, dans la station service Intermarché de Fleury-les-Aubrais, le 1er avril 2026 (photo Romain Gautier/AFP).
  • Le constat. Dans une étude réalisée avec Verian (ex-Kantar), l’Institut Montaigne, créé par Claude Bébéar et que préside Henri de Castries, montre un basculement profond dans la perception des Français : la crise énergétique n’est plus vécue comme un épisode exceptionnel, mais comme une donnée durable. Ainsi 68 % des sondés estiment-ils que ce type de crise va se répéter régulièrement, et 92 % se disent préoccupés par la hausse des prix de l’énergie. Plus inquiétant encore, 34 % jugent déjà leurs dépenses d’énergie difficilement supportables.
  • L’intérêt de l’étude. Dans un pays qui a intégré la volatilité énergétique comme un risque structurel, l’Institut Montaigne appelle à penser une doctrine de protection. En effet, la crise frappe d’abord là où les alternatives manquent. Le gradient territorial est décisif : la perception par les Français d’un impact budgétaire de la crise jugé "important" passe d’environ 50 % dans les grands centres urbains à environ 68 % dans les zones rurales dispersées. Le sondage dessine une géographie très concrète de la vulnérabilité : ménages captifs de la voiture, logements chauffés aux fossiles, habitants des territoires peu denses, sont plus directement impactés par les hausses des prix de l’énergie.
  • Ce qu’on peut en retenir. L’étude éclaire le débat actuel sous un autre jour, car elle récuse l’opposition entre pouvoir d’achat et transition énergétique, que l’on caricature parfois en choix à faire entre "fin du mois" et "fin du monde". Oui, les Français réclament d’abord une protection immédiate : la baisse des taxes sur les carburants figure dans le trio de tête des mesures souhaitées pour 66 % des personnes interrogées. Mais ils soutiennent aussi des réponses de long terme : 61 % citent notamment le développement d’énergies non carbonées, moins pour des motifs écologiques qu’économiques et stratégiques.
  • Et après ? Dans un contexte où l’électrification protège mieux des chocs de prix, la thèse de l’Institut Montaigne est claire : l’État doit cesser d’être l’assureur du fossile et devenir l’accélérateur d’un "bouclier électrique".
Cette semaine, dans la rubrique Le Lab