La France n'a plus les moyens de financer un service national >
Beaucoup de d'hommes et de femmes politiques à droite comme à gauche réclament le retour d'un service national, comme d'autres pays européens l'ont eux-mêmes décidé. Le Haut-Commissariat au plan, désormais dirigé par Clément Beaune, a examiné quatre scénarios, avec des durées et des ampleurs différentes en fonction du nombre de jeunes concernés et des versions plus ou moins civiles ou militaires. Il en ressort que nos finances publiques exsangues nous empêchent de reconstruire une conscription même volontaire, comme viennent de le faire des pays européens comme la Suède, la Lettonie, la Croatie ou l'Allemagne. Un format modeste concernant 200 000 jeunes par an et n'ayant aucun corpus militaire coûterait au moins 600 millions d'euros. Un deuxième étage, toujours sans aucune formation militaire, mais visant 600 000 jeunes aurait un coût estimé entre 1,7 et 3,5 milliards d'euros par an. La troisième formule consistant en un service militaire volontaire visant 70 000 jeunes par an (le dixième d'une classe d'âge) avec une formation d'une durée de seulement six mois coûterait 1,7 milliard d'euros. Enfin, le retour d'un service militaire obligatoire entraînerait une dépense de 7,2 milliards d'euros chaque année s'il ne concerne que les hommes et 14,5 milliards d'euros s'il inclut également les femmes. De tels montants conduiraient à augmenter de 25 % le budget de la défense et donc à entraîner des arbitrages rédhibitoires aux dépens des armements de toutes sortes. De plus, les moins favorables à l'idée d'un retour du service militaire sont les militaires eux-mêmes qui n'ont pas les moyens humains et logistiques pour former des conscrits.