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Pouvoirs / Éditorial / 04/11/2024

L'aigle écartelé et déplumé

Dans deux jours – en principe – nous connaîtrons le nom du (ou de la) quarante-septième président(e) des États-Unis. Quoique le scrutin pourrait être si serré qu'il risque de donner lieu à des contestations de part et d'autre. Celle qui se présente comme la première démocratie du monde n'en finit pas de nous inquiéter. Les derniers jours de la campagne électorale ont fait ressortir le caractère alarmant des deux candidats. S'agissant de Donald Trump, on s'attendait au pire et on n'a pas été déçu. Le quarante-cinquième président a été ordurier, vulgaire et odieux. Quant à Kamala Harris, elle a été incapable de faire fructifier le capital électoral dont elle bénéficiait à la fin de l'été ni de faire valoir son programme et ses atouts, faute de passer son temps à diaboliser son adversaire. Finalement, la première puissance mondiale pourrait bien apparaître plus divisée que jamais, plus violente qu'aux pires heures des émeutes raciales et, surtout, plus inquiétante encore pour notre pauvre Europe coincée entre l'aigle américain et le dragon chinois. Le drame de ce triste scrutin présidentiel est que ses seuls gagnants pourraient bien être les nouveaux démons de notre planète : qu'ils résident à Moscou, Pékin, Téhéran ou Pyongyang. Avec la tentation de profiter de l'incapacité de ce grand vide américain pour pousser leurs pions aux confins de leurs empires. Comme Vladimir Poutine en fait la démonstration en Géorgie et en Moldavie en l'absence de la moindre réprobation. Le malheur c'est que Sparte l'emporte à nouveau contre Athènes.

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