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Pouvoirs / Ministère des Solidarités / 18/09/2023

Aurore Bergé ne doit pas se tromper de sujet en focalisant sur les crèches privées

Deux livres viennent d'être publiés qui étrillent le fonctionnement des crèches privées. L'idée des auteurs vise à montrer que l'on ne peut pas être engagé sur le secteur de la petite enfance sans faire de dérapages ou des économies mal placées. Cela a suffi pour qu'Aurore Bergé, la toute nouvelle ministre des Solidarités se saisisse du sujet. Notamment sur la base d'un très bon rapport réalisé au printemps dernier par l'Inspection générale des affaires sociales. Les crèches du secteur privé (associatif et marchand), qui sont apparues il y a vingt ans, ont contribué à répondre au besoin des familles qui peinent encore, puisque 250 000 d'entre elles environ seraient en attente d'une place en crèche et ce chiffre sera proche de 400 000 à l'horizon 2030. Des entreprises comme Babilou, Les Petits Chaperons Rouges ou La Maison Bleue, qui ont développé des crèches d'entreprises ainsi que des prestations pour des municipalités jouent un rôle majeur dans la réponse à apporter aux familles. À deux conditions essentielles. La première, c'est la simplification administrative : la base de rémunération imposée par l'État doit être le forfait jour et non la prestation de service unique (actuellement utilisée), qui est versée par la CAF aux gestionnaires de crèches en fonction du temps exact (à la minute près !) passé par les bébés dans les établissements. Cela oblige à une sorte de « chronométrage » qui fait perdre du temps et du sens au travail des puéricultrices. La seconde, est que si c'est une chose que de vouloir ouvrir 35 000 places de crèche dans les années qui viennent, c'en est une autre que de disposer des moyens humains. Or actuellement il manque déjà 10 000 puéricultrices dans le monde de la petite enfance et certaines crèches privées déploient des efforts considérables en matière de formation et de rémunération pour rendre ce métier attractif. Puisque, comme l'affirme le Prix Nobel d'économie James Heckman, un dollar investi dans la petite enfance permet d'économiser dix dollars en échec scolaire, en pauvreté ou en délinquance, le débat sur les crèches doit être recentré sur l'essentiel et non sur un ou deux moutons noirs isolés du secteur. l

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