ENTREPRISES – FINANCE – MARCHÉS /
Les très mauvaises affaires de Margarita Louis-Dreyfus /
23/11/2020
Capitalisme-familial
La veuve de Robert Louis-Dreyfus, qui était l'héritier de l'empire familial de commerce de matières premières, vient d'ouvrir le capital de la société Louis-Dreyfus (LDC), à hauteur de 45 %, à l'ADQ d'Abou Dhabi. Cette opération va lui permettre de faire rentrer dans ses caisses 800 millions de dollars. L'aberration de cette opération repose dans le fait que cette somme va servir à rembourser, en partie, le milliard de dollars emprunté par Margarita Louis-Dreyfus, afin de racheter progressivement la plupart des actionnaires familiaux minoritaires du groupe. Par ailleurs, une autre partie de cette arrivée d'argent frais devrait renflouer la société sucrière brésilienne Biosev à laquelle le groupe a prêté 1 milliard de dollars. Margarita Louis-Dreyfus se retrouve donc, dix ans après avoir hérité, avec une fortune très largement diminuée et, désormais, liée à un puissant actionnaire minoritaire. Elle doit regretter le projet que lui avait formulé Jacques Veyrat de fusionner avec le groupe singapourien Olam International. Ce qui aurait permis à la milliardaire de monétiser son patrimoine, Olam étant cotée en Bourse. De surcroît, Olam était plus petit que Louis-Dreyfus. In fine, elle se retrouve aujourd'hui avec 55 % d'un groupe qui ne vaut plus que 4 milliards de dollars, alors qu'il y a dix ans, elle avait hérité d'un groupe qui pesait 5 milliards et qui réalisait, certaines années, un bénéfice d'un milliard.
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