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Le Lab / Éducation / 02/11/2026

L’école primaire, talon d’Achille français (Terra Nova)

Les résultats de PISA relancent le débat scolaire en pleine campagne présidentielle. Pour Terra Nova, la priorité est de mieux enseigner dès le primaire et d’associer les professeurs aux réformes.

Classe, dans une école primaire (photo Frédéric Petry/Hans Lucas/AFP).
  • Le constat. "Dévoilés le 8 septembre 2026, les résultats de l’enquête internationale PISA 2025 sur les systèmes éducatifs ont permis de constater que la France occupait un rang bien médiocre." L’introduction de la note de Terra Nova donne le ton. Pour son auteur, Daniel Bloch, ancien président d’université, c’est au primaire que le retard s’enracine. En lecture au CM1 (PIRLS 2021), la France figure parmi les derniers pays de l’UE, devant seulement Chypre et les deux communautés belges. En mathématiques, toujours au CM1 (TIMSS 2023), elle est dernière des pays de l’UE participants, avec 44 % d’élèves en difficulté, la proportion la plus forte de l’Union. À 15 ans, 36 % des élèves n’atteignent pas le seuil de compétence de base en mathématiques, contre 16,6 % en 2003. Daniel Bloch diagnostique une "dégradation préoccupante du niveau scolaire".
  • Ce que montre l’étude. L’atout méconnu de la France est le collège : dans le classement composite de l’auteur, portant sur quinze pays de l’UE, la France améliore son rang entre le CM1 et 15 ans. L’auteur y voit un rattrapage partiel, mais insuffisant. Les faiblesses se nouent donc tôt. Parmi elles, Daniel Bloch pointe une formation des enseignants trop abstraite, une recherche éloignée des classes et la semaine de quatre jours, aux journées surchargées, que la France est seule à pratiquer au sein de l’OCDE. Ajouter des cours ne garantit pas pour autant de meilleurs résultats : au primaire, la France prévoit déjà 864 heures annuelles, contre 661 en Estonie, pourtant première d’Europe à PISA. Réduire la taille des classes n’a pas davantage d’effet significatif, selon les comparaisons internationales.
  • Pourquoi c’est important. Dans ses recommandations, l’auteur privilégie des rythmes mieux répartis, une formation ancrée dans la pratique et des enseignants associés aux décisions. L’Estonie lui paraît un modèle plus fécond que Singapour, dont l’efficacité se paie d’une forte anxiété des élèves et de l’endettement des familles. Parmi les atouts estoniens, une autonomie pédagogique, un soutien précoce et une continuité entre primaire et collège au sein d’une école fondamentale. Daniel Bloch résume : "Les comparaisons montrent également que les difficultés scolaires apparaissent très tôt et que la réforme de l’école primaire doit être privilégiée". Le débat relancé par PISA appelle donc une réponse de long terme, qui remonte aux premiers apprentissages.
Cette semaine, dans la rubrique Le Lab