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Le Lab / Déclassement / 19/10/2026

Pouvoir d’achat : deux Français sur trois se disent appauvris (Vae Solis)

À quelques mois de la présidentielle, un sondage Ifop pour Vae Solis mesure un sentiment de déclassement qui s’installe, et qui pèsera lourd pour le prochain scrutin présidentiel.

Manifestation parisienne pour les salaires, les conditions de travail et les moyens, le 29 septembre 2026 (photo Eric Broncard/Hans Lucas/AFP).
  • Le constat. Le sentiment de déclassement est un phénomène social d’un niveau sans précédent. 67 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat a diminué au cours des douze derniers mois, contre 60 % en septembre 2024. L’inflation est désormais jugée structurelle et durable par 85 % des sondés. Les "fins de mois" sont plus difficiles, et commencent plus tôt. Le 10 du mois, seuls 47 % disposent encore de plus de 200 euros sur leur compte (53 % en 2024), et 11 % sont déjà à découvert.
  • Ce que montre l’étude. Face à ce déclin du pouvoir d’achat, les renoncements sont massifs. 39 % des Français déclarent avoir souvent sacrifié des loisirs ou acheté des produits alimentaires moins chers. 37 % ont souvent renoncé aux vacances et 20 %, reporté des soins. 12 % ont souvent sauté un repas, un taux qui double dans la catégorie pauvre (25 %). Les courses alimentaires restent le premier poste qui pèse sur le budget (57 %), devant l’énergie et le carburant (42 % chacun). Le travail est mis en cause : 92 % jugent qu’il ne paie pas assez au regard du coût de la vie, dont 60 % "tout à fait", soit une hausse de 12 % par rapport à 2022. Parmi les mesures testées, deux mesures font quasiment l’unanimité : la baisse de la TVA sur les produits de première nécessité (94 %) et l’encadrement des prix des produits essentiels (93 %).
  • Pourquoi c’est important. Le pouvoir d’achat pèsera dans le vote de 90 % des électeurs en 2027. Or aucune personnalité ne convainc une majorité sur ce plan. Marine Le Pen est jugée capable d’améliorer le pouvoir d’achat par 41 % des Français, devant Édouard Philippe (29 %), puis Bruno Retailleau et Gabriel Attal (26 % chacun), et devant les candidats de gauche (Jean-Luc Mélenchon à 23 %, Raphaël Glucksmann à 22 %). 75 % des Français ont le sentiment de contribuer davantage au modèle social qu’ils n’en bénéficient (contre 69 % en 2022). Les deux tiers (66 %) privilégient la baisse des prélèvements, quitte à réduire certaines prestations. Dans un contexte de fragilité sociale accrue, cet état de défiance met à l’épreuve l’État-providence.
Cette semaine, dans la rubrique Le Lab