Pouvoir d’achat : deux Français sur trois se disent appauvris (Vae Solis)
À quelques mois de la présidentielle, un sondage Ifop pour Vae Solis mesure un sentiment de déclassement qui s’installe, et qui pèsera lourd pour le prochain scrutin présidentiel.
- Le constat. Le sentiment de déclassement est un phénomène social d’un niveau sans précédent. 67 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat a diminué au cours des douze derniers mois, contre 60 % en septembre 2024. L’inflation est désormais jugée structurelle et durable par 85 % des sondés. Les "fins de mois" sont plus difficiles, et commencent plus tôt. Le 10 du mois, seuls 47 % disposent encore de plus de 200 euros sur leur compte (53 % en 2024), et 11 % sont déjà à découvert.
- Ce que montre l’étude. Face à ce déclin du pouvoir d’achat, les renoncements sont massifs. 39 % des Français déclarent avoir souvent sacrifié des loisirs ou acheté des produits alimentaires moins chers. 37 % ont souvent renoncé aux vacances et 20 %, reporté des soins. 12 % ont souvent sauté un repas, un taux qui double dans la catégorie pauvre (25 %). Les courses alimentaires restent le premier poste qui pèse sur le budget (57 %), devant l’énergie et le carburant (42 % chacun). Le travail est mis en cause : 92 % jugent qu’il ne paie pas assez au regard du coût de la vie, dont 60 % "tout à fait", soit une hausse de 12 % par rapport à 2022. Parmi les mesures testées, deux mesures font quasiment l’unanimité : la baisse de la TVA sur les produits de première nécessité (94 %) et l’encadrement des prix des produits essentiels (93 %).
- Pourquoi c’est important. Le pouvoir d’achat pèsera dans le vote de 90 % des électeurs en 2027. Or aucune personnalité ne convainc une majorité sur ce plan. Marine Le Pen est jugée capable d’améliorer le pouvoir d’achat par 41 % des Français, devant Édouard Philippe (29 %), puis Bruno Retailleau et Gabriel Attal (26 % chacun), et devant les candidats de gauche (Jean-Luc Mélenchon à 23 %, Raphaël Glucksmann à 22 %). 75 % des Français ont le sentiment de contribuer davantage au modèle social qu’ils n’en bénéficient (contre 69 % en 2022). Les deux tiers (66 %) privilégient la baisse des prélèvements, quitte à réduire certaines prestations. Dans un contexte de fragilité sociale accrue, cet état de défiance met à l’épreuve l’État-providence.