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Le Lab / Environnement / 20/07/2026

La biodiversité, prochain juge de la solvabilité des États (CEPS)

Dans une note originale, Isabel Scheckenbach, experte en soutenabilité, plaide pour intégrer le risque "nature" dans la notation des dettes souveraines.

Un ouvrier arrose des jeunes plants de saxaoul dans le désert chinois d'Ulan Buh, en Mongolie-Intérieure. Le district de Dengkou a efficacement favorisé la gestion écologique du désert en créant des ceintures brise-vent et fixatrices de sable et en plantant des espèces résistantes à la sécheresse et capables de fixer le sable (photo Li Zhipeng/Xinhua/AFP).
  • Le constat. Plus de la moitié du PIB mondial dépend de la nature et 75 % des prêts bancaires de la zone euro vont à des entreprises fortement dépendantes d’au moins un service écosystémique (matières premières, pollinisation, climat…). Pourtant, aucune des grandes agences de notation n’intègre l’érosion du vivant : jusqu’à 83 000 milliards de dollars de dette souveraine seraient mal valorisés. Une étude sur 23 pays, citée par le CEPS, chiffre un effondrement partiel des écosystèmes à 2 000 milliards de dollars de PIB mondial perdus par an et 162 milliards d’intérêts supplémentaires, l’Inde et la Chine étant les plus exposées.
  • Pourquoi c’est important. Les outils existent, l’obligation manque : le CEPS appelle agences de notation, BCE et gouvernements à valoriser aussi la restauration de la nature, qui réduit le risque – et donc le coût d’emprunt. "Rien de tout cela n’est irrémédiable", conclut Isabel Scheckenbach, à condition de "traduire cette prise de conscience en actes".
Cette semaine, dans la rubrique Le Lab