EXCLUSIF : Face au chaos, les patrons francophones n’ont pas peur (Frenchfounders) >
Guerres, protectionnisme, IA : à l’international, les dirigeants francophones voient le monde se fermer. Mais ils continuent d’investir, selon l’Observatoire Odoxa pour Frenchfounders.
- Le constat. Selon une étude inédite commandée par Frenchfounders, le réseau business francophone international, et réalisée auprès de 302 chefs d’entreprises répartis sur sept zones géographiques, 62 % se disent confiants dans le climat économique de leur zone en 2026. Sur cette carte du moral, la France occupe une place à part : dans l’Hexagone, seuls 46 % des dirigeants sondés se disent confiants, contre 57 % en Europe hors France, 66 % en Amérique du Nord, 67 % au Moyen-Orient et 73 % en Asie-Pacifique. Le paradoxe est là : plus le monde paraît dangereux, plus ceux qui y sont déjà installés semblent résolus à y rester. Ainsi, 56 % des dirigeants basés au Moyen-Orient prévoient d’augmenter leurs investissements cette année, 13 % de plus que la moyenne !
- Ce que montre l’étude. La mondialisation n’est pas morte, elle change de nature. Les patrons interrogés placent l’instabilité géopolitique très loin en tête des freins à leur expansion, citée par 76 % d’entre eux, devant le protectionnisme économique (36 %), la baisse de la consommation (33 %) ou la complexité réglementaire (30 %). Bascule notable, les États-Unis ne sont plus seulement une terre d’opportunités : 84 % jugent leur politique commerciale menaçante pour l’économie mondiale, devant la Chine (74 %) et même la Russie (58 %). Dans ce nouveau paysage, l’Asie-Pacifique rafle la mise : 61 % la jugent attractive pour investir ou développer une activité, loin devant l’Amérique du Nord (45 %) et l’Europe hors France (33 %). L’Union européenne, elle, divise : seuls 47 % la trouvent attractive, même si les dirigeants déjà basés en Europe sont plus indulgents, à 62 %.
- Pourquoi c’est important. Le vrai enseignement de l’enquête tient moins dans la zone d’implantation que dans la méthode employée. Pour réussir leur déploiement international, les dirigeants francophones ne misent ni sur l’expatriation de talents français (priorité pour seulement 16 %) ni sur une IA encore largement opérationnelle (que seulement 32 % jugent déterminante dans leur stratégie). Leur priorité, c’est le local et le réseau. 84 % veulent recruter des profils locaux. 90 % jugent le partage d’expérience entre pairs important pour valider leurs décisions (dont 30 % prioritaire). Dans un monde de moins en moins lisible, l’avantage compétitif n’est plus seulement le capital ou la technologie, c’est avant tout la connaissance du terrain.