Stéphane Boujnah :
“J’apprécie quand on dépasse le commentaire d’actualité pavlovien et prévisible et qu’on m’apprend quelque chose que je ne connais pas.” >
Le patron d'Euronext partage un café avec nous... et ses sources d'information et d'inspiration, alors qu'aura lieu ce mardi la 14è édition de la conférence annuelle d'Euronext, au Pavillon Gabriel à Paris. Une journée qui sera cloturée par le ministre de l'économie Roland Lescure.
Est-ce que vous vous réveillez avec le bip-bip du réveil, la radio ou de la musique ?
Un réveil, classique et sonore. Puis j’écoute France Info dans la salle de bains. C’est efficace et factuel. Ensuite je descends prendre un café dans le kebab qui est en face de chez moi, avec ma femme. C’est le moment le plus précieux de la journée, nous parlons de nous, nous discutons de nos combats et nous parlons de ceux, trop jeunes ou trop âgés, qui ont besoin de nous. Parfois, je regarde les titres qui passent dans les bandeaux de BFMTV, sur la télé au fond du kebab. Ensuite, je lis la presse sur mon téléphone dans le taxi entre mon domicile et le bureau, à la Défense. Dans l’ordre, je lis Le Monde, qui me permet d’avoir une vision assez complète de la société dans laquelle je vis. Puis Les Échos pour avoir une compréhension précise de l’environnement dans lequel je travaille. Et enfin, j’essaye de lire le Financial Times, pour suivre les mouvements de l’industrie dans laquelle j’évolue.
Consultez-vous votre téléphone dès que vous vous levez ?
Non, car je le mets à charger dans la cuisine, pour justement ne pas être tenté de passer trop de temps dessus.
Et jetez-vous un œil à votre téléphone avant de vous coucher ?
Parfois, mais toujours avec un sentiment d’immense culpabilité.
Quelle est l’information qui pourrait en ce moment vous mettre de bonne humeur ?
La désignation pour l’élection présidentielle de l’an prochain d’un candidat unique, modéré et pro-européen, dans l’espace politique compris entre Raphaël Glucksmann et Bruno Retailleau.
Vous y pensez en vous rasant ?
Non, je n’ai aucune prise sur tout ça. Je suis un simple citoyen. Quand on est patron, on n’est pas un double citoyen, mais on n’est pas un demi-citoyen non plus. On est un citoyen complet et c’est à ce titre que je dis que je souhaite un vrai débat entre les partisans de la radicalité et de la fermeture et les défenseurs de la modération et de l’ouverture. Si les premiers sont majoritaires, qu’il en soit ainsi. Mais je ne voudrais pas que cela se fasse sur un malentendu, par absence de débat ou en raison de l’incapacité de l’autre camp de s’organiser ou de se faire entendre.
À l’inverse, quand vous regardez votre téléphone le matin, redoutez-vous d’y lire quelque chose ?
Non, sincèrement, parce que je ne suis pas né pour avoir peur. Nous sommes nés pour résoudre les problèmes auxquels notre génération est confrontée. On ne va pas se diriger lentement vers la vieillesse en ayant peur de tout. Moi, je n’ai peur de rien ni de personne.
Que regardez-vous sur votre téléphone lorsque vous avez 15 minutes à perdre ?
J’essaye d’aller chercher des nouvelles lointaines. Lointaines soit géographiquement, soit dans des domaines que je ne connais pas bien, la science, l’astronomie… L’Histoire, surtout, qui me passionne. Sur YouTube par exemple j’aime beaucoup regarder des documentaires historiques, notamment ceux de Patrick Rotman, Les Brûlures de l’Histoire, qui ont été produits il y a une trentaine d’années.
Quel est le dernier contenu que vous ayez liké ?
C’est dans une boucle de personnes qui partagent des idées politiques, quelqu’un qui a fait une analyse plus fine que la moyenne. J’apprécie quand on dépasse le commentaire d’actualité pavlovien et prévisible et qu’on m’apprend quelque chose que je ne connais pas.
Avez-vous un émoji ou gif favori ?
C’est plutôt un avatar : un gorille, que j’ai longtemps utilisé comme photo de profil sur WhatsApp. C’est un animal qui m’impressionne et me fascine par la combinaison rare d’intelligence et de force. Il y a, paraît-il, des mammifères plus intelligents que le gorille, mais aucun n’a la même force physique. Or, pour moi, la force est quelque chose d’important, tout simplement parce que c’est la condition de la capacité de protection.
Recevez-vous et traitez-vous beaucoup de mails chaque jour ?
Je suis incapable de compter, c’est un flux continu.
Combien sont vraiment utiles ?
Entre cinq et quinze, selon la période. Mais qu’est-ce qu’un mail utile ? Certains me fournissent juste une information, d’autres me sollicitent pour une décision. Dans un mail je peux aussi voir un signal faible qui va se transformer en crise. L’importance des mails varie d’ailleurs beaucoup selon la période et l’état d’esprit du moment. Lorsqu’on est dans une période de grande tension, sur une transaction ou une opération complexe, tout mail est important. Le plus petit détail, tout ce qui apparaît sur l’écran radar des mouvements de l’adversaire, a une importance critique. Mais lorsqu’on est dans une période plus calme, avec moins d’incertitude, on relativise beaucoup plus. J’ai aussi pas mal de spams, je pourrais m’organiser pour les filtrer, mais je trouve ça intéressant de les survoler, parce que cela me permet d’avoir de vagues impressions sur le monde dans lequel je vis.
Quel est le meilleur moyen pour vous joindre ? Mail, SMS, WhatsApp ?
Peu importe, tous les moyens de communication sont pertinents. Le pigeon voyageur reste une option, mais j’ai l’impression que WhatsApp est devenu incontournable. En revanche, je ne regarde plus du tout ma messagerie LinkedIn. Il y a beaucoup trop de gens qui m’écrivent pour me vendre des choses dont je ne comprends pas toujours de quoi il s’agit. On dirait la boîte aux lettres d’avant, qui débordait de pubs et de prospectus. J’ai l’impression que ma boîte LinkedIn est remplie de numéros de plombiers et de serruriers ! Donc je ne l’ouvre plus jamais, en espérant qu’il n’y ait rien de grave que je rate. Mais le risque que je rate quelque chose de grave me paraît plus faible que l’épuisement que me procurerait la consultation de tous ces messages.
À part la messagerie LinkedIn, utilisez-vous beaucoup les réseaux sociaux ?
Assez peu, sauf professionnellement. Je m’exprime sur LinkedIn et mes posts sont aussi relayés sur Instagram. J’ai d’excellents communicants dans mon équipe qui me suggèrent régulièrement des idées de posts, que je valide ou que je réécris plus ou moins. Mais rien ne sort sans que je l’aie revu. Ce qui me dérange avec les réseaux sociaux, c’est la brièveté des contenus : partir du principe que la capacité d’attention des gens se limiterait à une minute, c’est quelque chose qui n’est pas conforme à l’idée que je me fais de la civilisation humaine. Ma prudence à l’égard des réseaux sociaux tient à ma réticence à être complice de ce grand mouvement qui fait qu’aujourd’hui, comme le dit un de mes amis, des foules d’analphabètes déambulent désormais dans des bibliothèques géantes. Je n’ai pas envie de contribuer à accélérer ce mouvement. Au contraire, j’aime faire le pari qu’il y a des interactions avec des humains qui peuvent dépasser une minute d’attention. Normalement, le fait de s’exprimer d’une manière succincte et concise requiert beaucoup plus d’efforts que de s’exprimer de manière diluée. Mais je trouve que sur les réseaux sociaux, le format court s’affranchit de la discipline de la concision.
Réussissez-vous à vous accorder de vrais moments de déconnexion ?
J’essaye, surtout le week-end et pendant les vacances. Mais s’affranchir du téléphone, c’est un combat : il y a tout là-dedans ! Le travail, les amis, la communication, les sentiments… On a tous l’impression d’avoir une meilleure maîtrise du monde lorsqu’on a un téléphone à la main. Mais on a trop de béquilles numériques aujourd’hui. À quoi cela sert-il d’avoir connu 30 000 ans de progrès, d’avoir inventé la délibération, la démocratie, la circulation des idées, si c’est pour être enclavé, prisonnier d’un téléphone… Personnellement, j’ai horreur du GPS par exemple : je ne supporte pas qu’une voix me dise où je dois aller. La déconnexion, c’est donc affirmer qu’on est plus libre et plus fort sans téléphone. C’est une forme d’émancipation, d’affranchissement. Mais ça reste plus facile à dire qu’à faire. Alors disons que j’ai une aspiration à la déconnexion qui est plus forte que ma déconnexion réelle, ou que ma théorie sur la déconnexion est très en avance sur la réalité et sur ma pratique.
L’abondance d’informations est-elle une chance ou un stress, selon vous ?
Je crois que le stress est consubstantiel à l’action. Les gens qui ne sont pas stressés, ce sont ceux qui ne sont pas dans l’action, mais plutôt dans la contemplation. Le fait d’avoir trop d’informations, je considère que c’est un stress "de riches", par rapport au stress d’être à la périphérie du système, sans accès à l’information justement. Lorsque je suis arrivé à Paris, à Sciences Po, il y avait une vraie différence entre les provinciaux et les Parisiens. Parce qu’à l’époque, les Parisiens connaissaient tous les codes, les bonnes personnes, les bons réseaux. Aujourd’hui, l’information est disponible pour tous dans le téléphone et c’est, pour moi, un vrai facteur d’égalité.
À quels moments ouvrez-vous un livre ?
Si je n’ai pas lu au moins quelques lignes à la fin de la journée, je me sens comme un humain en mode dégradé. Donc je lis tous les jours. Il y a quelques années, au début d’Euronext, je me baladais en permanence avec l’Anthologie de la poésie française, de Georges Pompidou. C’est un recueil un peu scolaire, mais j’adorais l’ouvrir et lire quelques pages de Ronsard, François Villon, Lamartine, Rimbaud, Supervielle… J’adorais cette poésie officielle qui m’obligeait à fréquenter, un peu comme au lycée, des auteurs que je n’avais pas choisis. Aujourd’hui, je lis plutôt des livres d’Histoire. J’achète un livre d’Histoire par semaine, que j’essaye de lire ! Ce que je préfère, ce sont les livres sur le XIXe siècle, le siècle des possibles, ou le XXe siècle, le siècle des excès. Le siècle des possibles parce que lorsqu’il débute on se déplace et on communique encore à peu près comme au Moyen Âge, ou même dans l’Antiquité, et qu’il se termine avec le chemin de fer, les automobiles, le téléphone, les impressionnistes, le mouvement libéral et le socialisme. C’est un siècle incroyable d’optimisme et de transformation. Et le XXe siècle, parce qu’il est coupé en deux de manière spectaculaire : il commence avec la première guerre mondiale et se termine avec le 11 septembre 2001, avec, entre-temps, le summum de la barbarie humaine, puis après 1945 un monde, et surtout une Europe, qui dit "plus jamais ça" et qui organise le multilatéralisme.
Quel est le dernier que vous ayez acheté ?
Un des livres qui a changé ma vie récemment, c’est Histoire de la IVe République, de Georgette Elgey. C’est exceptionnel. C’est l’histoire des hommes et des femmes, qui pendant 12 ans, une période très courte, de 1946 à 1958, dans des circonstances difficiles d’un pays détruit, ruiné et divisé ont réussi à faire un nombre de choses incroyables : l’enracinement de l’État-providence, la reconstruction, la défense de la République face à des grèves insurrectionnelles, l’indépendance de la Tunisie, du Maroc et de l’Indochine, la construction européenne et le lancement du programme nucléaire militaire. Tout cela en dépit d’une vraie instabilité ministérielle, mais avec une ambitieuse détermination. Georgette Elgey raconte dans le détail comment les hommes de ce temps ont procédé, et en même temps elle dresse des galeries de portraits incroyables. L’un d’entre eux m’a particulièrement marqué : celui de Pierre Montel, député du Rhône, républicain de droite, résistant, à Lyon, dont les trois fils ont été arrêtés, déportés, torturés et assassinés par les nazis. Après la guerre, il est Secrétaire d’État aux Forces armées et cinq ans seulement après avoir perdu ses trois fils dans ces conditions monstrueuses, il est allé à Bonn négocier le traité sur la Communauté Européenne de Défense. Cette période-là me fascine par l’épaisseur des destins individuels de gens qui ne procrastinent pas. Je suis ému de voir que des personnalités de cette épaisseur, cinq ans après avoir vécu le summum de la barbarie, étaient capables de se projeter dans la communauté européenne… Le contraste avec le monde d’aujourd’hui où l’on repousse mesquinement chaque décision d’intégration européenne est malheureusement frappant.
Quel est le livre que vous aimez offrir ?
Mémoires d’Hadrien, de Marguerite Yourcenar, qui est l’un des livres les plus poétiques que j’ai lu dans ma vie. Elle décrit un certain nombre d’émotions qu’on croise dans la vie et qui sont porteuses de messages intellectuels. Au début du roman, elle développe une idée, que j’observe dans chaque réunion : "le regard soudain éclairci du tribun auquel on explique une manœuvre au matin d’une bataille…" Quand vous voyez sur le visage des gens qu’ils ont compris quelque chose, c’est incroyable ! Il y a aussi de très belles pages sur le pouvoir et l’exercice du pouvoir. Je le relis tous les cinq ans et à chaque fois, j’adore.
Le livre qu’on vous a offert et qui vous a marqué ?
Le Monde d’hier, souvenirs d’un Européen, de Stefan Zweig. J’adore aussi La Guerre du Péloponnèse, de Thucydide. L’une des phrases que je cite le plus c’est "Se reposer ou rester libre, il faut choisir", justement attribuée à Thucydide. Et j’ai également redécouvert récemment, grâce à Hervé Gaymard, les œuvres rééditées de Charles de Gaulle et notamment un petit livre La Discorde chez l’ennemi, préfacé justement par Hervé Gaymard, publié chez Perrin. C’est le premier livre écrit par Charles de Gaulle quand il était un jeune capitaine de 34 ans, dans lequel il revient sur les causes profondes de l’effondrement de l’Allemagne en 1918.
Avez-vous une série à nous conseiller ?
Je ne regarde quasiment aucune série, parce que les séries m’ennuient très vite. C’est un format qui, je trouve, autorise la nonchalance, les facilités et la répétition.
Avez-vous un film culte ?
Le Docteur Jivago. C’est un film que j’ai vu quand j’étais un enfant et que je peux revoir un nombre incalculable de fois. J’adore son côté épique, l’intensité des comédiens, la finesse des personnages, la poésie des images, la musique enveloppante, la surprise renouvelée, la multiplicité des seconds rôles… Pour moi, c’est indépassable.
Et une réplique culte ?
Dans La Dame de fer, à la fin de sa vie, Margaret Thatcher, qui est jouée par Meryl Streep, dit cette maxime incroyable, attribuée je crois à Lao Tseu : "Watch your thoughts for they become words, watch your words for they become actions, watch your actions for they become habits, watch your habits for they become your character, and watch your character, for it becomes your destiny".
Quel acteur pourrait jouer votre rôle ?
Indiscutablement, Russell Crowe. Il renvoie une image de force et d’intelligence qui m’impressionne beaucoup.
Quel auteur ou autrice pourrait raconter votre vie ?
C’est un peu facile, mais ça serait sans doute Annie Ernaux. Ce n’est pas pour dire des banalités sur les transfuges de classes, mais je n’ai pas grandi entre une bibliothèque et un piano, j’ai grandi entre une table en formica et un pack de bières. Et c’était dur, très dur, de changer de catégorie. Personne ne s’est écarté pour me faire de la place. Annie Ernaux écrit cela très bien. C’est donc probablement elle qui aurait le plus de facilité pour traiter le sujet.
Est-ce que vous sortez beaucoup au théâtre, au cinéma, à l’opéra ?
Quelque chose a radicalement changé ma vie l’année dernière : un couple d’amis proches nous a convaincus de rejoindre les mécènes de la Comédie Française. Et depuis ce jour-là, je vais presque tous les mois à la Comédie Française. Je ne sais pas pourquoi j’ai attendu 60 ans avant d’aller au théâtre ! C’est merveilleux de voir des humains incarner des œuvres, des personnages, jouer physiquement et leur donner vie devant vous. C’est vraiment superbe. L’opéra, j’y allais quand j’étais banquier et que j’étais obligé mais, franchement, je n’ai jamais accroché.
Quelle serait l’affiche de votre concert idéal ?
L’immense chef Laurence Equilbey m’a fait découvrir depuis 10 ans des moments uniques de la musique symphonique du XIXe siècle. Mais, bien avant cela, à la fin des années 1990, est sorti un album incroyable, qui s’appelait Mozart l’Égyptien. C’était une espèce de syncrétisme entre Mozart et la musique orientale classique, avec beaucoup de cordes. Dans le monde arabe, l’essentiel de la musique classique est égyptienne ou libanaise. J’ai grandi en Tunisie et jusqu’à cinq ou six ans, quand j’étais chez ma grand-mère, toute la journée on écoutait à la radio Oum Kalthoum, ou Farid El Atrache. Et ce disque, Mozart l’Égyptien, m’avait beaucoup ému quand il est sorti. C’est un deuil que je n’arrive pas à faire de ne pas les avoir vus sur scène.
Est-ce qu’il y a un conseil qu’on vous a donné quand vous avez démarré et qui vous sert encore aujourd’hui ?
C’est un conseil que m’a donné un confrère quand j’étais jeune avocat, avant d’aller plaider. Il m’a dit : "Pour être convaincant, il faut être sincère. Et pour être sincère, il faut être naturel". Il n’y a rien de plus puissant que la sincérité, car pour impacter le cerveau des autres, il ne faut pas jouer un rôle, il ne faut pas créer de la distance. Et il n’y a rien de plus efficace pour être sincère que d’être soi-même. Il faut donc travailler ses arguments, ses dossiers, mais ensuite il faut parler sans se cacher. Et puis il y a aussi une phrase de Clemenceau, qui date de 1919, prononcée alors qu’un garçon sur deux qui était né en 1894 était mort en 1919 et qu’on recensait 700 000 veuves et un million d’orphelins. Il disait : "quand on a l’honneur d’être en vie, on s’exprime". On peut toujours trouver cinquante bonnes raisons de ne pas dire ce qu’on pense, mais cette phrase est une autorisation à essayer d’apporter quelque chose et à contribuer. Et puis il y a une troisième maxime, qui est une morale existentielle pour moi, formulée par Hillel l’Ancien, un auteur talmudique du Ier siècle de notre ère et qui était un contemporain de Jésus. Il a dit : "Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? Si je ne suis que pour moi, que suis-je ? Et si pas maintenant, alors quand ?" Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? c’est l’affirmation qu’il est légitime, pour pouvoir être utile aux autres, de s’occuper de soi, de vouloir la reconnaissance, le plaisir, la sécurité… Mais si je ne suis que pour moi, que suis-je ? c’est l’appel à une forme d’éthique de la responsabilité, sans laquelle l’existence est dérisoire. Et si pas maintenant, alors quand ? c’est l’exigence de l’action plutôt que la résignation de la contemplation.
Pour en savoir plus sur la conférence annuelle d'Euronext, organisée mardi sur le thème "Strengthening European capital markets now", rendez-vous sur le site euronext.com/en/euronext-annual-conference