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Pouvoirs / Éditorial / 13/10/2025

Hara-kiri

Faut-il vraiment attendre avec impatience la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu ? Doit-on redouter la censure de son gouvernement ? Et que faut-il encore craindre du projet de loi de finances pour 2026 ? Depuis qu'Élisabeth Borne a torpillé la réforme des retraites qu'elle a eu tant de mal à endosser, on sait qu'il ne restera plus grand-chose de ce mandat présidentiel. Nos partenaire économiques, Bruxelles, les agences de notation, le FMI, l'OCDE et toutes les cordes de rappel qui nous obligeaient jusqu'ici à évoluer vers plus de travail, plus de production, moins de déficit et moins de dettes ont compris que la France était incapable d'appliquer une réforme qui paraît anodine à nos voisins. Au moment où l'Italie se demande si elle doit maintenir à 67 ans l'âge de la retraite ou bien le relever encore, la classe politique, sans même consulter les corps intermédiaires, s'apprête donc, avec l'assentiment d'Emmanuel Macron, à tirer un trait sur celle qu'on appelle depuis trente ans « la mère de toutes les réformes ». François Bayrou avait peut-être quelques défauts, mais il parlait d'effort, de travail et d'économies. Depuis son départ, il n'est question que de dépenses nouvelles, d'impôts et de relâchement. Et tout cela dans le seul but de maintenir l'apparence d'un socle commun qui a volé en éclats, de voter un budget qui n'aura ni queue ni tête et de retarder un recours aux urnes dont le grand gagnant sera le populisme. « Quos vult Jupiter perdere, dementat prius. » Jupiter rend fous ceux qu'il veut perdre. À commencer par lui-même.

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