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Pouvoirs / Éditorial / 26/05/2025

Les tartuffes du Parlement

Sous couvert d'une commission d'enquête destinée à étudier « l'utilisation des aides publiques aux grandes entreprises et à leurs sous-traitants », les sénateurs se sont fait plaisir en convoquant au Palais du Luxembourg, les dirigeants de quelques-uns de nos fleurons industriels. Les patrons de CMA CGM, TotalEnergies, LVMH, Danone, Kering ou Accor ont donc répondu aux questions des membres de cette commission et notamment de son rapporteur, le sénateur communiste Fabien Gay, qui est aussi directeur du quotidien L'Humanité. Cet exercice aurait pu être intéressant si ces interrogatoires ne s'étaient pas, trop souvent, transformés en leçons de morale. Déjà il y a un an, Yannick Jadot s'était plu à faire défiler une bonne partie du CAC 40 devant une commission d'enquête sur le respect des objectifs climatiques de TotalEnergies. Alors même qu'il faisait l'objet d'un renvoi en correctionnelle à la suite d'une plainte en diffamation de la part de l'énergéticien.

Les patrons français ne demandent pas mieux que de venir s'adresser aux parlementaires. Mais plutôt que de recevoir des cours de patriotisme économique sinon déplacés, du moins incongrus, ils sont prêts à parler de l'effrayante gestion des deniers publics, de la manière dont le coût du travail handicape l'emploi salarié, ou de ces 90 milliards d'euros d'impôts sur la production qui contribuent à la fermeture de trop d'usines et à la disparition de précieux savoir-faire. Plutôt que de procéder à des auditions à répétition, les députés et les sénateurs seraient bien inspirés de pratiquer davantage l'écoute. C'est moins percutant mais plus efficient.

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