Quand la bombe du logement explosera…
L'automne est la saison du vote des grands textes budgétaires et financiers. Même si la pratique systématique du 49-3 a fait perdre de son intérêt à ces débats, il faut s'étonner que ni le gouvernement ni les parlementaires ne se soient souciés de la principale crise qui secoue aujourd'hui la majorité des Français, à savoir le logement. Et notamment dans la région parisienne. On parle immigration, abaya, IVG ou fin de vie sans se préoccuper de ces millions de Français qui, afin de trouver un loyer acceptable, passent trois à quatre heures par jour dans les transports. Tout cela parce que des aberrations comme les normes de diagnostic énergétique des logements ou l'attirance des propriétaires bailleurs pour les locations touristiques à la manière d'Airbnb ont retiré du marché locatif des dizaines de milliers de biens et ont fait grimper le niveau des loyers des autres. Pendant ce temps-là, la hausse des taux d'intérêt, les normes prudentielles des banques et la raréfaction de l'offre de biens empêchent bon nombre de jeunes de devenir propriétaires. Le sujet du logement est une bombe qui se nourrit de l'inaction des pouvoirs publics. Geoffroy Roux de Bézieux avait tenté d'alerter l'opinion, au printemps dernier, sur cette question majeure. Mais tel saint Jean-Baptiste, il semble avoir prêché dans le désert. Non contente de produire des travailleurs pauvres, la sixième puissance mondiale se satisfait d'avoir des travailleurs sans toit. Jusqu'au jour où cette bombe sociale et sociétale explosera. Ce qu'il vaudrait mieux éviter. Yves de Kerdrel