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Business / Télécoms / 19/10/2026

La "méthode Altice" sur le banc des accusés à New York

Apollo, Oaktree et Ares attaquent Patrick Drahi à New York pour transferts frauduleux chez Optimum. Avec 26 milliards de dollars de dette et un mur de 6 milliards en 2027, le temps joue contre lui.

Patrick Drahi, lors d'une audition au Sénat, en février 2022 (photo Stéphane de Sakutin/AFP).
  • Ce qu’il faut savoir. Il y a quelques jours, un groupe de créanciers d’Optimum Communications, l’ex-Altice USA, a saisi la Cour suprême de l’État de New York. Apollo, Oaktree, Ares et Arini réclament l’annulation de transferts d’actifs qu’ils jugent frauduleux. Sont visés Patrick Drahi ainsi que deux dirigeants, l’ancien directeur général Dexter Goei et son successeur Dennis Mathew. Les plaignants reprochent au groupe d’avoir logé, en juin, les réseaux de la côte Est dans une filiale hors de leur portée, soit environ 2 milliards de dollars d’Ebitda sur 3. Cette entité a levé 3 milliards auprès de JPMorgan et émis 500 millions de titres préférentiels, dont 200 millions souscrits par Patrick Drahi en échange d’actions ordinaires. Ces titres seraient rachetés 1,3 milliard en cas de faillite.
  • Pourquoi il faut prendre cette plainte au sérieux. L’enjeu dépasse la querelle de la fastidieuse documentation juridique. Optimum porte 26 milliards de dollars de dette, dont 6 milliards exigibles en 2027, et a reconnu en juin ne pas pouvoir les honorer sans restructuration. L’action vaut moins d’un dollar. Si le tribunal annule les transferts, Patrick Drahi perd son principal levier de négociation et sa participation de 40 % sera vraisemblablement effacée. À titre personnel, il s’expose à des dommages et intérêts pour manquement à ses devoirs fiduciaires. La procédure reste civile et aucune poursuite pénale n’est engagée.
  • Patrick Drahi a-t-il franchi la ligne jaune ? Rien ne le démontre à ce stade. Le refinancement de novembre avait fait tomber les clauses qui interdisaient ce montage et aucun dividende n’a été versé. Les créanciers devront prouver l’intention de les léser, ce qui suppose d’obtenir les courriels internes.
  • Entre les lignes. Pendant ce temps, les cessions s’enchaînent. Altice International a bouclé au début du mois d’octobre la vente de Hot Mobile à un consortium mené par Delek Israel et Keystone, avec Leumi Partners, pour environ 350 millions d’euros. Patrick Drahi garde en Israël le fixe et la chaîne de télévision i24News. En France, il a signé en juin la vente de SFR à ses trois concurrents pour 20,35 milliards d’euros, après avoir cédé les centres de données à Morgan Stanley et Altice Média à CMA CGM. Au Portugal, les discussions se poursuivent sur le mobile. Reste que des porteurs de 9 milliards de dollars d’obligations Altice International ont notifié un défaut en juillet. Le front américain n’est donc pas isolé.
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