G7 d’Évian : le plan d’Emmanuel Macron
Emmanuel Macron ouvre ce lundi à Évian-les-Bains le G7 qu’il présidera jusqu’à mercredi. Sept ans après Biarritz, le chef de l’État dirige pour la deuxième fois un sommet du G7.
- Ce que l’on sait. Ukraine, Moyen-Orient, déséquilibres économiques mondiaux, développement, santé, narcotrafics et intelligence artificielle figurent parmi les principaux dossiers à l’ordre du jour de la réunion des pays du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni), organisée à Evian jusqu'à mercredi. Volodymyr Zelensky participera mardi à deux sessions consacrées à l’Ukraine. Le Premier ministre de l’Inde Narendra Modi, le président du Brésil Luiz Inácio Lula da Silva ainsi que Lee Jae-myung, le président sud-coréen, sont également attendus autour du sommet, aux côtés de représentants de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement, du Fonds monétaire international et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
- L’info à retenir. L’Élysée veut faire évoluer la doctrine du G7 à l’égard de la Chine. Ces dernières années, les communiqués du G7 étaient souvent jugés très exigeants à l’égard de Pékin. Cette fois, Paris souhaite privilégier une logique de "convergence". Le message transmis aux partenaires est qu’il ne s’agit pas de faire du G7 un bloc anti-chinois, mais de rechercher davantage de coordination sur les grands déséquilibres macroéconomiques mondiaux. Dans l’entourage présidentiel, le constat est résumé ainsi : la Chine produit beaucoup mais n’importe pas assez, les États-Unis épargnent trop et ne produisent pas suffisamment, tandis que l’Europe importe trop et ne produit pas assez. "Nous y arriverons, même si la Chine n’aime pas le G7", glisse un conseiller.
- En coulisses. Sur l’Ukraine, l’un des enjeux identifiés par l’entourage d’Emmanuel Macron sera de parvenir à un accord avec Donald Trump sur plusieurs paramètres jugés décisifs : les territoires, les garanties de sécurité et le régime des sanctions contre Moscou. L’objectif affiché est de placer Kiev dans une position favorable à une paix "solide et durable". À l’Élysée, la présence de Donald Trump est déjà perçue comme un succès diplomatique potentiel. "S’il vient, c’est déjà une victoire", confie un conseiller.
- Entre les lignes. Le choix de reprendre le même logo que celui utilisé lors du G7 de Biarritz en 2019 vise à symboliser une continuité dans la méthode et les priorités défendues par Emmanuel Macron. L’exécutif revendique également une référence au sommet du G8 à de 2003 à Évian, présenté comme le symbole d’un engagement sur les grands déséquilibres mondiaux.
- Ce que cela révèle. Emmanuel Macron veut démontrer la "pertinence opérationnelle" du G7. Au-delà de l’Ukraine, l’exécutif entend utiliser le sommet pour avancer sur plusieurs dossiers jugés structurants. Parmi eux figure la sécurisation du détroit d’Ormuz, avec l’objectif affiché de réduire le risque régional et de stabiliser les marchés pétroliers. L’entourage présidentiel met également en avant une déclaration commune sur les narcotrafics, un travail sur la lutte contre les cancers, le renforcement des partenariats de développement et la sécurisation des investissements dans les pays les plus fragiles, ainsi qu’une réflexion sur le déploiement à grande échelle de l’intelligence artificielle. Sur les grands déséquilibres économiques mondiaux, l’exécutif espère enfin déboucher sur des engagements "durables et tenables", assortis d’un suivi au G20, dont la prochaine réunion aura lieu à Miami, du 14 au 15 décembre 2026.