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Business / Automobile / 15/06/2026

Avalanche de ventes à découvert sur l’action Renault

Les ventes à découvert sur Renault atteignent un pic historique de 5,15 % du capital, en hausse de 160 % sur un an, alors que les analystes restent acheteurs. Un grand écart révélateur.

La présentation du plan stratégique FutuREady de Renault, en mars 2026 (photo D.R.).
  • L’information à retenir. C’est un signal qui ne trompe pas et il est inédit. Au début du mois de juin, les positions courtes déclarées sur Renault atteignaient 5,15 % du capital, un sommet sur douze mois et une progression de 160 % en un an. Le mouvement n’a rien d’anecdotique : il s’est accéléré brutalement depuis février. Cinq fonds figurent mènent cet activisme contre le titre, dont les hedge funds Marshall Wace (1,39 %) et Kintbury Capital (1,31 %), mais aussi des géants de la gestion comme BlackRock et Citadel. Le tout sur fond d’un cours qui a vu sa valeur fondre de 21 % depuis le 1er janvier. Vendre à découvert, c’est emprunter une action pour la revendre aussitôt, en pariant sur sa baisse afin de la racheter moins cher. La firme au losange était jusqu’ici relativement épargnée par les spéculateurs baissiers. Manifestement elle ne l’est plus.
  • Pourquoi c’est important. Le paradoxe est saisissant. Pendant que les vendeurs à découvert s’accumulent, Renault reste le "Top Pick" d’Oddo BHF parmi les constructeurs européens, seule opinion "Surperformance" du secteur, avec un objectif de cours à 45 euros, soit un potentiel de hausse supérieur à 40 %. Au premier trimestre, le chiffre d’affaires a dépassé de 7 % les attentes, à 12,5 milliards d’euros, et la guidance annuelle a été confirmée. La valorisation est l’une des plus décotées d’Europe : un PER inférieur à 5, un rendement de plus de 8 % et un rendement du free cash-flow à deux chiffres. Deux lectures s’affrontent donc frontalement. Pour les baissiers, la prudence du marché reflète un secteur automobile sous pression, exposé à la concurrence chinoise, à des doutes sur l’exécution du plan stratégique "FutuREady" et à un environnement macroéconomique incertain. Pour les analystes fondamentaux, cette défiance est précisément ce qui rend le titre attractif.
  • Entre les lignes. Renault n’en est pas à sa première passe d’armes avec les vendeurs à découvert. En 2018-2019, au plus fort de l’affaire de l’incarcération de Carlos Ghosn au Japon et de la crise de l’alliance avec Nissan, le titre était devenu l’un des terrains de chasse favoris des hedge funds européens, qui avaient flairé la fragilité d’une gouvernance déstabilisée par l’arrestation spectaculaire de son patron au Japon. L’histoire rappelle que sur la firme au losange les spéculateurs baissiers ont souvent eu du flair aux moments charnières - mais aussi qu’ils se sont parfois brûlé les doigts dans les rebonds. Tout l’enjeu, aujourd’hui, est de savoir lequel des deux scénarios se rejouera.
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