Le café cher, indicateur de développement (Adam Smith Institute) >
L’augmentation du prix du café, due à la pénurie de main-d’œuvre, révélerait moins une crise qu’une sortie du sous-développement.
- Le constat. Excellente nouvelle pour l’économie : si le prix du café décolle, c’est le signe que l’économie décolle aussi ! Telle est la thèse contre-intuitive d’une note intitulée "Excellent news – coffee farms cannot find the workers", publiée par l’économiste britannique Tim Worstall pour l’Adam Smith Institute.
- Ce qu’on apprend. Selon son auteur, qui commente un long papier du Guardian consacré à la pénurie de main-d’œuvre dans ce secteur clé de l’économie de l’Amérique centrale, si les plantations peinent à recruter, c’est que les jeunes quittent les campagnes pour des emplois moins pénibles et mieux payés. La hausse du coût du travail agricole serait donc d’abord le symptôme d’une amélioration des débouchés à plus forte valeur ajoutée dans les pays producteurs de café.
- Ce que cela révèle. La thèse est volontairement provocatrice, mais elle percute un débat très actuel. Alors que les consommateurs subissent des prix élevés, la tentation est grande de traiter la hausse des coûts du café comme une anomalie à corriger. Or, la raréfaction des bras dans les campagnes serait un indicateur de transformation économique, comme l’exode rural a accompagné, en Europe, l’industrialisation. Tim Worstall conclut : "Il faudra peut-être payer notre café plus cher, c’est vrai, car cette armée de chômeurs, prisonnière de l’absurdité de la vie rurale, disparaît, mais le bilan global pour nous tous est indéniablement positif".