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Business / Télécoms / 23/02/2026

Millicom appelle son actionnaire en renfort pour acheter la filiale chilienne de Telefonica

Xavier Niel vient de renforcer sa présence dans les télécoms en Amérique latine, avec le rachat de la filiale chilienne de Telefonica. Un achat qui se fait via Milicom et sa holding NJJ.

Le géant espagnol des télécommunications Telefonica se retire peu à peu d'Amérique du Sud (photo D.R).
  • La transaction qui se prépare. Millicom, opérateur télécom domicilié au Luxembourg, coté au Nasdaq, mais qui opère principalement en Amérique du Sud sous la marque Tigo, s’apprête à acquérir la filiale chilienne de Telefonica après avoir acquis ses entités en Uruguay, en Equateur et en Colombie. La valeur d’entreprise retenue pour cette opération est de 1,22 milliard de dollars. Cette valeur inclut une dette qui s’élevait à 575 millions de dollars à la fin de l’année 2025. L’acquisition sera faite par un véhicule créé pour l’occasion et détenu à hauteur de 49 % seulement par Millicom et de 51 % par NJJ, la holding de Xavier Niel qui détient 42 % de l’opérateur de télécoms (sans compter 3 % sous forme d’options). 
    Millicom minoritaire… pour l’instant. Le schéma mis en place par les équipes de Xavier Niel chez NJJ (il n’y a pas eu d’intervention de banque d’affaires) et par celles de Maxime Lombardini chez Millicom prévoient qu’entre la cinquième et la sixième année après le closing, Millicom pourra racheter les 51 % détenus par NJJ. Et cela sur la base d’une valorisation calculée d’après les multiples de marché de Millicom au moment de l’exercice, avec une décote de 10 % et un paiement en actions Millicom. Idem, si Millicom renonce à cette option d’achat NJJ pourra racheter les 49 % de Millicom à des conditions équivalentes.
  • Pourquoi ce montage complexe ? Si Millicom a acquis directement les activités de Telefonica, en Équateur, en Colombie ou en Uruguay, il aurait pu le faire là encore au Chili. A un bémol près qui est la dette portée par la filiale chilienne de Telefonica. L’opérateur a craint que la consolidation de cette dette dans ses comptes déplaise fortement aux investisseurs notamment américains. En laissant le contrôle de la cible à NJJ, qui est non cotée, et donc le soin de consolider sa dette, il résout d’emblée ce problème. En revanche il est d’ores et déjà prévu que ce sont les équipes de Millicom, et non celles de NJJ, qui gèreront les opérations de Telefonica Chile. Sachant que le Chili est l'un des marchés des télécommunications les plus développés et les plus compétitifs d'Amérique latine (avec quatre opérateurs) et qu’il bénéficie d’une forte pénétration des technologies mobiles et haut débit, avec une demande continue en matière de qualité de réseau et de services numériques.
  • Entre les lignes. Un complément de prix pourra être acquitté par le tandem NJJ/Millicom. Celui-ci pourra aller jusqu’à 150 millions de dollars supplémentaires, conditionnés à la "création de valeur structurelle" (objectifs de performance comparés au marché), non garantis par Millicom.
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